UQAMLes compétitions interuniversitaires : s’adapter à distance

Anaïs Desjardins4 mars 20216 min

Plusieurs étudiants et étudiantes s’impliquent annuellement dans les compétitions interuniversitaires riches en expériences et en apprentissages. Cette année, ces concours transposés en ligne en raison du contexte pandémique représentent plusieurs défis d’adaptation pour les délégations uqamiennes et les comités organisateurs.

L’ensemble des concours interuniversitaires sont maintenus malgré la pandémie, bien qu’ils se déroulent en virtuel. Le président du comité organisateur des Jeux du Commerce, Mathieu Dorval, admet avoir dû faire preuve de créativité afin de conserver « l’essence » des Jeux malgré les contraintes actuelles. « Notre objectif était d’offrir ce qu’on voit dans une compétition en présentiel, mais en virtuel », affirme-t-il. 

Les épreuves, les conférences, les activités et le panel de professionnels ont été  transposés en ligne. Une émission diffusant les épreuves sur internet fut créée pour susciter l’engouement autour de la compétition. Une série de modifications efficaces, selon Mathieu Dorval, puisque les commentaires des participants et des participantes à la suite des Jeux furent extrêmement positifs. « Les attentes n’étaient pas là initialement puisque ça n’avait jamais été vécu, mais on a livré la marchandise », commente-t-il. 

Pour offrir plus de temps de préparation aux universités, certains comités organisateurs ont repoussé les dates des compétitions, telles que le Symposium GRH et le Happening Marketing.

Les Jeux de la Communication ont également été repoussés, passant du mois de mars au mois de mai. Les délégations l’ont appris suite à une annonce faite par le comité organisateur en décembre, deux mois après le début de la préparation. Les organisateurs espèrent ainsi qu’une partie des Jeux pourra se faire en présentiel si les mesures actuelles sont assouplies. 

Le co-chef de la délégation uqamienne des Jeux de la Communication, Jean-Philippe Cauchon, croit qu’il s’agit d’une « bonne décision ». « Les épreuves en studio, des épreuves médias ou des épreuves nécessitant une chimie entre les coéquipiers tels que radio-théâtre […] sont plus difficiles à faire en zoom plutôt qu’en studio », constate celui qui est aussi étudiant en télévision.  De plus, selon lui, la motivation de la délégation aurait beaucoup souffert de la « pression d’atteindre un résultat à la semaine de mars ».

Moins de participation au Département des sciences juridiques

Même si les concours et les simulations sont maintenus, le Département des sciences juridiques a décidé de diminuer drastiquement sa participation à ces derniers. Le département ne s’est inscrit à aucune des simulations internationales, lesquelles cumulent habituellement un total de plus de 70 participants et participantes par année. 

Par ailleurs, chaque année, l’Université participe à entre 4 et 6 concours de plaidoiries, qui sont des compétitions d’art oratoire opposant les facultés dans la défense de divers cas. Cette année, seule la participation au concours Pierre-Basile Mignault a été maintenue. Le professeur en sciences juridiques et responsable des concours de plaidoirie depuis trois ans à l’UQAM, Olivier Barsalou, souligne que plusieurs universités ont fait de même.

C’est un ensemble de facteurs qui ont mené à la décision du département : les contraintes budgétaires, la charge de travail amplifiée et complexifiée en ligne, le format des concours et la baisse d’intérêt de la part des étudiants et des étudiantes. Ainsi, il explique que la décision a été prise par souci de « rendre justice à l’expérience » et selon un « calcul coût-bénéfices ».

Or, selon Mathieu Dorval, même en ligne, les compétitions conservent leurs impacts positifs.  « S’impliquer dans des compétitions est tout autant important en virtuel et apporte tout autant de bénéfices », souligne le responsable. 

Recrutement 

Première dans l’histoire de chacun des Jeux :  le recrutement a été un défi pour plusieurs universités, qui ont peiné à faire valoir les bénéfices des compétitions virtuelles. Au Jeux du Commerce, deux universités sur treize se sont désistées, faute de participants et participantes

Jean-Philippe Cauchon, co-chef de la délégation uqamienne des Jeux de la Communication, reconnaît que le recrutement a subi le contexte pandémique. Initialement, les initiations permettent de repérer les intéressé(e)s et de créer un engouement. « Cette année, on a dû se tourner vers le numérique. […] La clé d’une campagne de recrutement, c’est de mettre en valeur l’ambiance, l’énergie et la personnalité de cette activité étudiante. », estime-t-il.

Pourtant, les co-chefs ont reçu autant de candidatures que lors des années précédentes. Selon Jean-Philippe Cauchon, plusieurs personnes se sont inscrites en raison de la pandémie, faute de passe-temps et d’activités sociales. C’est le cas de l’étudiante en journalisme et membre de la délégation de l’UQAM aux Jeux de la Communication, Violette Cantin : « J’ai décidé de faire les Jeux, entre autres, à cause de la pandémie. Ça m’a enlevé toutes mes autres activités et les Jeux de la communication était l’une des seules activités qu’il me restait. »

De leur côté, les délégations de l’ESG ont été presque complètes dans l’ensemble des concours. La présidente du comité de compétition de l’AéESG, Frédérique Daigle, précise qu’elles bénéficiaient  d’une visibilité que certaines universités n’avaient pas. « On surfait sur notre victoire des Jeux du commerce de l’année passée », explique-t-elle. 

Préparation intensive

Le plus grand enjeu en lien avec ces compétitions demeure la préparation intensive et de longue durée. Pour les Jeux de la Communication, l’impossibilité de se rencontrer en présentiel constitue une adaptation difficile pour les équipes, surtout pour les épreuves nécessitant un excellent esprit d’équipe, tel que celle de la radio ou du talk-show. Selon Jean-Philippe Cauchon, cette contrainte nuit à l’impression de s’améliorer et d’apprendre. « Les gens sentent qu’ils ne peuvent pas aller au bout de leurs mandats puisqu’ils se font depuis la maison sans contact avec les coéquipiers », explique celui qui participe pour la troisième fois à la compétition. D’ailleurs, la formule exacte des Jeux demeure à ce jour inconnue, ce qui occasionne une  difficulté supplémentaire lors de la préparation.

La préparation aux concours se complexifie dans le contexte actuel, au grand dam des nombreux comités touchés. Au-delà des contretemps qui nécessitent une adaptation constante, l’ensemble des personnes interrogées croit que ces concours demeurent essentiels, spécialement en cette année dépourvue d’activités habituelles. En plus de leurs bénéfices d’un point de vue académique, la communauté participante y trouve aussi une source de motivation et un cercle social. 

Frédérique Daigle croit que les avantages de la compétition au niveau professionnel demeurent les mêmes. « Sur le coup, on trouve que c’est beaucoup de travail, mais après on voit l’expérience, nos connaissances et l’avantage que les compétitions vont nous donner sur le marché du travail », conclut-elle.

Mention photo : Capture d’écran d’une réunion des Jeux de la Communication sur Zoom.

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