UQAMLe bien-être des animaux, pandémie ou pas

Megan Foy23 novembre 20204 min

Le Service des animaleries de l’UQAM, dont le principal mandat est d’assurer la sécurité et le bien-être des animaux utilisés à des fins de recherche, ne fait pas exception quant aux secteurs touchés par la pandémie à la COVID-19, mais il s’en trouve moins affecté que la recherche universitaire.

Considéré comme service essentiel, l’organisme qui prodigue les soins aux animaux n’a jamais cessé ses activités depuis le mois de mars dernier. En dépit de la fermeture de l’université, l’ensemble du personnel, composé de quatre technicien(ne)s en santé animale, de trois animalier(ère)s ainsi que d’une vétérinaire, a veillé à effectuer les soins de base aux animaux en personne. 

La directrice du service de l’UQAM et vétérinaire, Manon St-Germain, explique que les chaires de recherches ont davantage été frappées par l’arrêt des activités universitaires. « En période de confinement au printemps dernier, une très grande portion de l’expérimentation animale a été mise sur pause puisque ce sont les étudiant(e)s de cycles supérieurs qui réalisent les protocoles expérimentaux, tant en laboratoire que sur le terrain», indique-t-elle.

Un statut sanitaire déjà élevé

Dans un environnement où les procédures sanitaires sont déjà primordiales afin de ne pas introduire de pathogènes pouvant influencer la recherche, les nouvelles mesures engendrées par la COVID-19 ont vite fait partie de la routine. Bouteilles de désinfectant pour les surfaces, visières disponibles en cas de contact étroit d’au moins 15 minutes, plages horaires de travail modifiées, affiches rappelant les directives de la Santé publique : rien ne sort tant de l’habitude.

En ce qui concerne les équipements de protection individuels, les membres de l’équipe du Service doivent porter des vêtements de chirurgie – un sarrau pour les étudiant(e)s, des couvre-chaussures, des gants et un masque N-95, pandémie ou pas. Mme St-Germain précise également que le Service des animaleries de l’UQAM permet sans problème la présence de plusieurs employé(e)s à la fois : « La distanciation [est] facile puisque la superficie de l’animalerie est d’environ 11 000 pieds carrés. »

Au-delà de l’animalerie

Les protocoles des Services d’animalerie comme celui de l’UQAM sont certifiés par le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA). Les rencontres du Conseil et ses visites de contrôle habituelles dans les établissements de recherche se font de manière virtuelle pour l’instant. Le directeur général du CCPA, Pierre Verreault, indique aussi que la réduction du nombre de recherches a eu un impact – modéré, mais tout de même – sur la commande des animaux, et donc du personnel nécessaire pour s’occuper de ceux-ci. Cette réalité a été constatée à peu près partout, qu’il s’agisse de milieux de recherche universitaires ou non. 

 Ainsi, les répercussions majeures de la pandémie sur le Service sont liées à la recherche, et non pas aux animaux qui l’occupent ou aux employés qui y travaillent. Le directeur du Conseil émet l’hypothèse qu’une partie du financement fédéral habituellement octroyé aux recherches discrétionnaires aurait été redirigée vers les enjeux entourant la COVID-19. 

 Les animaux en priorité

 Dans tous les cas, « il y a […] une préoccupation constante de l’équipe pour le bien-être des animaux dans un contexte qui est peu favorable », souligne la directrice du Service, Manon St-Germain. La perte d’une portée de souris, par exemple, dont l’apport à la recherche devait être effectué dans les deux premières semaines de vie des rongeurs, est une illustration des conséquences que pourraient avoir subies les milieux de recherche à cause de la pandémie. Mme St-Germain est très reconnaissante qu’une telle situation n’ait pas eu lieu au Service des animaleries: « Il n’y a pas eu d’animaux, à l’UQAM, sacrifiés en raison de la COVID-19, ce dont nous pouvons nous réjouir en dépit du contexte qui perdure. »

 Elle souhaite également souligner le dévouement de ses collègues, ainsi que leur « volonté hors du commun [pour] que l’expérimentation se réalise, sans compromis du bien-être animal. »

Mention photo Marie-Jeanne Ledoux-Labelle | Montréal Campus

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