Esprit de clocherInquiétude chez les stagiaires en enseignement

Avatar Julien Lachapelle21 octobre 20205 min

L’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE-UQAM) considère que les modalités d’absences pour les étudiant(e)s stagiaires en enseignement primaire et secondaire sont injustes dans le contexte de la pandémie actuelle. Et elle a raison de crier à l’injustice.

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En juin dernier, le bureau de la formation pratique de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM a envoyé un courriel à tous les étudiants et étudiantes de la Faculté qui devaient faire un stage à l’automne 2020 afin de savoir si ces dernier(e)s désiraient aller en stage malgré la pandémie. « La majorité d’entre nous avons pris la décision d’aller en stage comme prévu, bien que nous n’ayons alors pas réellement d’information sur les différentes modalités », explique l’ADEESE dans un communiqué de presse publié sur leur page Facebook. 

Toutefois, le 9 septembre dernier, six semaines avant le début des stages et six jours avant la date limite de l’annulation sans facturation des frais de scolarité, la direction du baccalauréat de l’éducation préscolaire et de l’enseignement primaire a fait part d’une proposition de modification des modalités d’absence pour les stagiaires. Ces derniers auraient le droit à cinq jours d’absence tolérés et non à trois en temps normal. Si les cinq jours sont dépassés, la mention « Abandon » sera indiquée dans le dossier du stagiaire en question et ce stage devra être repris dans un an, en plus des frais administratifs à payer. 

Cette proposition n’a pas plu aux étudiants et étudiantes de la Faculté lorsqu’on lit le communiqué de presse de l’ADEESE. Toutefois, la responsable à la coordination, Jeanne Morissette, a précisé dans un entretien avec le Montréal Campus que l’administration aurait en tête de traiter chacun des dossiers de stage au cas par cas.

Traiter les dossiers au cas par cas serait une bonne idée. En effet, lorsqu’un individu est contaminé par la COVID-19, une quarantaine de dix jours est exigée. Ainsi, n’avoir que cinq jours d’absences tolérés frôle le ridicule. Le stage de l’étudiant ou de l’étudiante est menacé et son avenir dans le métier le sera également. 

Le vice-doyen aux études de la Faculté des sciences de l’éducation Henri Boudreault a rencontré certain(e)s étudiants et étudiantes avec le doyen Jean Bélanger et la professeure au département de didactique Geneviève Messier. Dans un courriel au Montréal Campus, il a précisé que la Faculté ne peut autoriser des absences qui auront un impact sur l’expérience de stage, car cela ne viendrait pas se conformer aux exigences attendues par le ministère de l’Enseignement supérieur. Évidemment, respecter les exigences ministérielles sont importantes, mais dans ce cas, pourquoi ne pas les modifier dans le contexte actuel? 

Un ajustement désiré 

Au travers d’une lettre destinée au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et à la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, l’ADEESE exige une suspension des modalités d’absence pour les stagiaires. « le contexte actuel vient bousculer davantage et directement le système scolaire, que les modalités d’absence dans les universités, présentement, ne prennent aucunement en considération la réalité de la pandémie », peut-on lire dans la lettre.

L’association aimerait également que le matériel de protection et de prévention de la COVID-19 (masque N95 et une visière ou des lunettes de protection sont les seuls matériels de protection permis durant l’activité de stage) soit fourni par les Centres de services scolaires pour tou.tes les stagiaires. « Cela revient cher l’achat de masques et de lunettes de sécurité », indique Jeanne Morissette. Cette revendication de l’ADEESE a du sens. Déjà qu’une bonne majorité d’étudiants et d’étudiantes doit payer des frais de scolarité très élevés alors que certains d’entre eux ont perdu leur emploi étudiant en raison de la pandémie: serait-il logique de leur fournir ce matériel sanitaire de base gratuitement? 

L’ADEESE a conclu sa lettre, signée par plusieurs associations étudiantes et syndicats de l’UQAM et par une panoplie d’étudiants et d’enseignants provenant de la Faculté, en demandant une rencontre avec le ministère, mais cette rencontre n’a toujours pas eu lieu au moment d’écrire ses lignes. 

« Une conseillère de la ministre de l’Enseignement supérieur nous a toutefois contactés.es […] elle nous a mentionné qu’elle étudiait le dossier et qu’elle allait s’assurer qu’on n’allait pas être pénalisé.es », précise Mme Morissette. C’est un bon point de départ, mais les étudiant(e)s de l’ADEESE méritent la présence de M. Roberge et de Mme McCann sur un dossier aussi important que celui-là. 

Une inquiétude compréhensible

Il est facile à comprendre pourquoi l’ADEESE, la communauté étudiante de la Faculté des sciences de l’Éducation et ses directeurs et directrices sont perplexes par rapport à tout ça. 

Être professeur(e) ou stagiaire au primaire et au secondaire en temps normal est difficile. Selon une étude menée en 2014 par Esther Létourneau, ancienne responsable du service des indicateurs et des statistiques au ministère de l’Éducation, entre 25 et 30 % des enseignants décrochent dans la première année, et ce pourcentage monte à 50 % dans les cinq premières années de carrière au Québec. 

Apprendre ce métier difficile dans le contexte actuel l’est encore plus puisque tous les professeur(e)s sont à risques d’être contaminé(e)s par ce coronavirus et plusieurs éclosions sont survenues dans de nombreuses écoles lors des dernières semaines, provoquant même la fermeture de certaines d’entre elles.

L’absence d’explications claires et précises des ministres Roberge et McCann sur la situation et le peu d’apparitions publiques de ces derniers depuis le début de la deuxième vague est tout simplement inacceptable. Ces derniers ont l’obligation de répondre aux inquiétudes des stagiaires en enseignement de toutes les universités du Québec pour assurer un bel avenir dans ce milieu.

 

 

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