CultureÉvoquer l’éducation à travers l’art

Avatar Julien Lachapelle7 octobre 20196 min

Dans le cadre du 50e anniversaire de l’UQAM, les professeurs et professeures du Département de didactique, Anik Meunier, Lorie-Marlène Brault Foisy et Olivier Arvisais ont mis sur pied l’exposition De l’éducation qui présente dix enjeux importants en éducation ainsi que le portrait d’un pionnier pour le système d’éducation québécois, Paul Gérin-Lajoie.

Située en plein coeur du hall d’entrée de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, cette double installation peut être difficile à repérer au premier coup d’oeil puisqu’il s’agit d’une petite exposition dans les corridors du rez-de-chaussée du Pavillon N. Une fois l’exposition localisée, il est toutefois facile d’être impressionné(e) par le choix judicieux des couleurs et des illustrations en trois dimensions qui viennent représenter judicieusement le concept de l’éducation québécoise et de ses enjeux. 

Lors du processus de création visuelle et artistique qui s’est déroulé durant une année complète, les trois artistes ont collaboré avec l’illustratrice Gabrielle Matte et le studio de design montréalais Le Billyclub.

« Gabrielle Matte a préféré adopter une démarche qui laissait place à l’interprétation des gens qui iront visiter l’exposition », mentionne Olivier Arvisais, au sujet de l’approche abstraite de l’illustratrice. Elle a utilisé des couleurs vives comme le bleu, le rouge et le vert en plus d’avoir mis de l’avant des formes en trois dimensions comme un cube et une spirale formée de cercles bruns et beiges.

En plus des deux illustratrices, le professeur et les professeures ont fait appel à Marc Larivière et Audrey Wells chez Microfiches, un organisme à but non lucratif qui crée des contenus encyclopédiques nouveau genre pour le grand public. L’objectif :  les aider dans la coordination visuelle de l’exposition. Cet organisme a développé de petites fiches résumant toutes les informations inscrites sur les deux installations. Chaque visiteur ou visiteuse peut repartir avec ces fiches pour garder en mémoire le fond de l’exposition.

Pour Anik Meunier, représenter l’éducation par l’art n’est pas aussi évident que de l’évoquer avec des objets ou des documents historiques, mais elle précise qu’il s’agit d’un excellent moyen de susciter des émotions. « L’art est un véhicule dans lequel des messages peuvent être portés, mentionne-t-elle. Une oeuvre d’art peut nous interpeller, faire en sorte qu’on a une réaction émotive. »

10 enjeux importants en éducation

L’exposition présente une série de plusieurs affiches qui se trouvent un peu partout sur les murs du corridor. Intitulée 10 enjeux contemporains en éducation, cette installation met en valeur les enjeux qui sont les plus représentatifs du cursus de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM. 

Les 10 enjeux représentés dans les microfiches sont les suivants: 

« On a demandé à tous les professeurs de la Faculté de soumettre des enjeux contemporains en éducation qui, selon eux, valaient la peine de faire partie de cette exposition-là », explique Lorie-Marlène Brault Foisy. Olivier Arvisais et elle ont ensuite fait une sélection parmi les enjeux proposés. 

Chacun des enjeux est indiqué sur une affiche arborant le titre du concept, une description rédigée par divers professeurs de la Faculté et une illustration en trois dimensions faite par Gabrielle Matte. Par exemple, l’enjeu Valoriser l’éducation de la petite enfance est symbolisé par une lune, une demi-lune, un soleil et deux étoiles. Il est possible de s’imaginer que ces objets célestes représentent l’apprentissage de bases scientifiques des jeunes enfants. 

Un monument de l’éducation bien illustré

L’autre installation de l’exposition, intitulée Paul Gérin-Lajoie, un passeur d’identité, retrace le parcours de ce ministre de l’Éducation, le premier dans l’histoire politique québécoise. La conceptrice Anik Meunier a voulu créer une oeuvre sur cet homme, car elle considère que ce personnage est important pour l’éducation au Québec, mais demeure inconnu aux yeux de plusieurs personnes.

« Je trouvais qu’il y avait un manque de connaissances par rapport à l’ensemble de son oeuvre », explique-t-elle. À son avis, Paul Gérin-Lajoie est l’un des bâtisseurs du Québec moderne et c’est par son implication politique qu’il a été en mesure de faire bouger les choses en éducation. En plus d’avoir réalisé une grande réforme du système scolaire, il a créé sa propre fondation en 1977 pour permettre aux enfants des pays de l’Afrique de l’Ouest et d’Haïti de recevoir une éducation de base. 

Un oiseau blanc combiné avec une fleur de lys du Québec, qui s’envole vers un soleil, est dessiné sur une grande murale bleue. « L’oiseau et la fleur de lys représentent une évocation des valeurs de l’éducation », précise Anik Meunier. 

Cette murale est facile à repérer, car elle occupe l’espace complet d’un des murs de l’entrée du Pavillon N. Bien qu’il soit difficile de comprendre le sens de l’oeuvre au premier coup d’oeil, la lecture des informations sur la carrière et les impacts de Paul Gérin-Lajoie, permet à l’oeuvre de prendre tout son sens. Ces renseignements se trouvent dans des ronds tournants plaqués directement sur la murale que les visiteurs et visiteuses peuvent manier, et qui rendent l’exposition interactive. 

L’installation de Lorie-Marlène Brault Foisy et d’Olivier Arvisais était réfléchie pour la communauté étudiante de la Faculté des sciences de l’éducation. L’idée était d’interpeller les étudiants et les étudiantes, en particulier au premier cycle. Ceux qui sont au baccalauréat en enseignement sont peu au fait qu’il y a de la recherche qui se fait en éducation, précisent les deux artistes.

L’exposition permanente De l’éducation est présentée à l’entrée du Pavillon N à l’UQAM.

photos: FÉLIX LEBEL MONTRÉAL CAMPUS

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