SociétéLe fleurdelisé à New York

Forte de son expérience dans les coulisses du gouvernement Harper, la nouvelle déléguée générale du Québec à New York, Catherine Loubier, cherche à faire rayonner la province à l’international.

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La nomination de Catherine Loubier au poste de déléguée générale du Québec à New York n’aura pas plu à toute l’Assemblée nationale. L’opposition dénonçait une nomination partisane de la part de la Coalition avenir Québec (CAQ). Malgré tout, Mme Loubier a récemment déménagé dans la Grosse Pomme avec une seule idée en tête : défendre les intérêts du Québec.

Mme Loubier a atterri sur les bancs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en 1993. Ayant toujours eu un intérêt pour les affaires internationales, elle y débute ses études en science politique. Elle confie ne pas avoir choisi l’UQAM par idéologie, mais « simplement pour apprendre » une méthode de travail. Mme Loubier a d’ailleurs été amenée à collaborer en 1996 avec la Chaire Raoul-Dandurand alors qu’elle venait d’être mise sur pied.

« J’étais impliquée dans la communauté de l’UQAM, mais pas de manière politique », dit-elle.

Lors de ses études, Mme Loubier a rencontré Pierre P. Tremblay, l’un de ses professeurs à la Faculté de science politique, qui est devenu son directeur de maîtrise en 1995.

« C’était une étudiante intéressante qui était capable de retirer le maximum de son parcours académique […] et des mandats confiés », affirme M. Tremblay, avec qui la déléguée générale est toujours en contact, plus de 20 ans après la fin de ses études. 

De l’UQAM à la politique

Catherine Loubier n’était pas inconnue du monde politique avant d’être nommée déléguée générale du Québec à New York. Après dix années dans le secteur privé, Mme Loubier a travaillé pendant quatre ans sur la colline parlementaire à Ottawa comme conseillère média pour le gouvernement conservateur. Elle a commencé au sein du cabinet du premier ministre Stephen Harper, puis s’est intégrée au cabinet du ministre des Transports Lawrence Cannon jusqu’à ce qu’il soit nommé ministre des Affaires étrangères. Elle l’a suivi jusqu’en 2010, avant de retourner dans le secteur privé.

En 2013, le premier ministre Harper lui a demandé de revenir à Ottawa, cette fois-ci comme conseillère principale. « Je m’occupais de tous les dossiers du Québec en son nom. Je faisais en sorte que le Québec soit pris en compte dans les décisions du gouvernement canadien », explique-t-elle.

Elle est demeurée en poste jusqu’au changement de gouvernement. « Après les élections [de 2015], je suis allée travailler en Europe, toujours dans le privé, chez Renault-Nissan-Mitsubishi, basé à Paris. »

« New York, New York ! »

À son retour d’Europe l’an dernier, alors qu’elle comptait prendre une année sabbatique, la CAQ l’a approchée pour qu’elle dirige la transition d’un éventuel gouvernement caquiste.

« J’ai pris ce mandat en juillet, non pas pour des raisons partisanes, mais plutôt pour mettre en avant de meilleures pratiques et des connaissances du gouvernement fédéral au profit du gouvernement du Québec », précise Catherine Loubier.

C’est à ce moment que le premier ministre François Legault lui a offert le poste de délégué(e) générale à New York. « J’avais quelque chose à apporter à la table », ajoute celle qui se décrit comme étant une négociatrice « pragmatique, inclusive et recherchant le consensus ».

Dès le début de son mandat, elle avait déjà planifié d’heure en heure les six prochains mois du premier ministre désigné, incluant son passage au 17e Sommet de la Francophonie, qui s’est tenu en Arménie en octobre dernier. Enthousiasmée par le plan économique de la CAQ, l’ancienne Uqamienne avait envie de réaliser le mandat que le parti lui avait donné.

Pourquoi elle  ? « Je ne veux pas parler pour [M. Legault], mais on a appris à se connaître et à travailler ensemble au cours des derniers mois, raconte-t-elle. Il a jugé que j’avais les compétences pour le poste. »

L’ancien directeur de maîtrise de Mme Loubier le dit lui-même : elle a « tout à fait » le profil de l’emploi. « Son parcours politique avec les conservateurs à l’époque et son passage en Europe lui ont permis d’avoir une entrée aussi facile auprès des organisations et des gouvernements », dit M. Tremblay.

« Moi, souligne Catherine Loubier, la ligne directrice de ma carrière, c’est l’avancement du Québec avant tout. C’est ça qui me motive. »

photo : COURTOISIE CATHERINE LOUBIER 

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