À la uneSociétéDu Québec au Pakistan : récit d’un correspondant

Avatar Camille Robillard6 février 20183 min

De retour du Pakistan depuis novembre dernier, le journaliste et diplômé en science politique à l’UQAM Jasmin Lavoie ne compte pas ralentir la cadence de sitôt. Portrait d’un homme déterminé qui valorise d’abord l’expérience de vie.

Antidote 10

Du haut de ses 29 ans, Jasmin Lavoie a déjà bien des mentions à son curriculum vitae. La radio étudiante de l’UQAM, CHOQ.ca, a été sa première école de journalisme. « Je n’étais vraiment pas bon, mais au moins, ça m’a permis d’essayer », raconte-t-il en se remémorant ses premières expériences au micro. Sa participation à la vie étudiante universitaire lui a permis de devenir journaliste à Radio-Canada au Saguenay en 2012.

Une carrière à l’international

Après un séjour à La Presse, où il fait ses débuts en presse écrite en couvrant des événements tels que l’accident ferroviaire de Lac-Mégantic ainsi que les attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et d’Ottawa, Jasmin Lavoie veut perfectionner ses apprentissages et voir de nouveaux paysages. « Au Québec, tu peux devenir coincé. Si tu as juste étudié et travaillé ici, c’est très difficile de faire une carrière à l’international, puisqu’au Canada, nous n’avons pas cette culture de l’international », partage-t-il.

Le Saguenéen part donc sur un coup de tête à Londres, où il fait une maîtrise en journalisme d’enquête, tout en travaillant à la pige pour différents médias québécois et londoniens lors du Brexit.

La détermination qui l’habite est à l’origine de ses plus grandes réalisations journalistiques, selon son frère aîné et collègue, Frédérick Lavoie. Après avoir terminé sa maîtrise, « ça a pris trois mois et demi avant qu’il obtienne son visa [pour le Pakistan] et, pendant ce temps, je l’ai vu travailler fort pour s’outiller. Il ne connaissait rien du Pakistan et il a tout fait pour être à la hauteur du défi qui l’attendait », explique-t-il. Ce dernier ajoute que l’une des plus grandes qualités de son frère est l’autocritique, une capacité qu’il a acquise grâce à sa pratique du patinage de vitesse lorsqu’il était plus jeune.

Un défi après l’autre

De retour au Québec, Jasmin Lavoie cherche de nouveaux défis. De son séjour à Islamabad est né un projet « à quatre mains » avec son frère, qui était alors principalement installé en Inde, pays voisin du Pakistan. « Le livre porte sur la correspondance entre deux frères journalistes chez “les frères ennemis”, et ce, à travers l’échange de courriels », présente-t-il en ajoutant qu’il ne s’est jamais senti aussi loin de Frédérick malgré leur proximité géographique, en raison de la relation tendue entre les deux pays.

Même s’il compte retourner à l’étranger dans le futur, le journaliste se concentre actuellement sur des projets « fort intéressants » qu’il mène au Québec. Entre sa participation à Radio-Canada aux émissions radiophoniques La route des 20 et Médium large, il travaille aux côtés du correspondant montréalais du New York Times, Dan Bilefsky, à titre d’accompagnateur, de recherchiste et de journaliste vidéo.

« C’est intéressant, car ça me permet d’avoir une influence sur la façon de raconter le Québec à l’international. Je fais donc du journalisme international, ici », confie Jasmin Lavoie. Comme quoi tout est possible lorsqu’on a « faim » d’expériences.

 

photo : SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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