À la uneCultureHip-hop sur fond jazz

Avatar Michaël Laforest10 janvier 20184 min

Mélanger jazz et hip-hop est l’apanage du groupe montréalais O.G.B (Original Gros Bonnet), qui travaille sur un nouvel album à paraître en mars. Le résultat est un son unique, celui de sept musiciens qui échangent leurs styles favoris, allant du jazz au hip-hop en passant par la salsa et le rock.

C’est dans un local de la rue de Port-Royal Ouest, près de la station Sauvé, que se retrouvent les membres d’O.G.B pour répéter. Ils allument le chauffage, mais ce qui réchauffe l’atmosphère, ce sont plutôt les notes qui s’échappent des instruments.

Le groupe a été formé dans les couloirs du cégep de Saint-Laurent. Dans la dernière année, les membres ont placé la musique au centre de leurs priorités. « On prend ça beaucoup plus au sérieux depuis un an », affirme le chanteur du groupe, François Marceau, qui a entamé des études musicales à l’UQAM. La plupart des membres ont d’ailleurs mis un frein à leurs études pour se consacrer entièrement à la musique.

Fort d’un premier mini-album paru en février 2017, le groupe est de retour en studio pour la suite. Ils promettent qu’elle sera aussi originale que le premier opus. « On aime surprendre pour sortir les gens de leur zone de confort », affirme François Marceau. Le prochain album sera « moins rock, plus trap, avec des influences américaines », promet ce dernier. Parmi ces influences, on retrouve notamment Brockhampton, Kaytranada et Terrace Martin.

Pour ce qui est des paroles, François Marceau essaie de « donner de la personnalité aux morceaux ». Pour lui, la façon de rimer s’apparente aux instruments. « Ce que j’essaie de faire, ce sont des bars qui sonnent bien. Parfois, dans le rap, tu n’as pas besoin de comprendre les paroles, il faut juste que ça sonne bien », explique celui qui a bien aimé les rimes du dernier album du rappeur Loud.

« On veut que l’auditoire écoute et rentre dans la musique, un peu comme une histoire », explique le bassiste du groupe, Vincent Bolduc Boulianne. Ses confrères et lui souhaitent « se détacher de la production de pièces courtes faites pour la consommation rapide », ajoute-t-il.

Électronique et organique font bon ménage

Les sept musiciens tiennent à ce que leur musique demeure organique, même si le travail de groupe est parfois difficile. « On essaie le plus possible de mettre notre égo de côté et de trouver le juste milieu, affirme Vincent Bolduc Boulianne. On ne veut pas que ça ressemble à un beat produit », ajoute le musicien.

Le processus de création du groupe est assez simple. Samuel Brais-Germain et Arnaud Castonguay commencent en pianotant des accords auxquels les autres membres ajoutent leur touche personnelle. Les rythmes répétitifs sont essentiels aux paroles de François Marceau. O.G.B utilise aussi la musique électronique avec le travail de Samuel Brais-Germain.

Un style sans limites

« Notre formation en jazz nous donne vraiment plus de liberté », affirme le batteur du groupe, Louis René, lui aussi étudiant à l’UQAM. On ne va pas se limiter à seulement jouer ce qu’on écrit », poursuit-il. Le groupe est le produit des influences de chacun de ses membres, bien que « l’idée maîtresse est de toucher au hip-hop », rappelle le saxophoniste Arnaud Castonguay.

L’improvisation est la clé maîtresse du jazz, un style qu’ont étudié tous les membres du groupe. « Ça nous permet aussi de plus nous écouter quand on est en direct ou en studio », affirme le chanteur François Marceau. Grâce à cette expérience musicale, O.G.B est parvenu à créer un son unique en son genre et qui, au sens des sept musiciens, n’existait pas véritablement au Québec.

 

photo : MICHAËL LAFOREST MONTRÉAL CAMPUS

Les membres de la formation Original Gros Bonnet (O.G.B)

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