À la uneCultureContrariétés et contrepoints : l’antithèse sur toile

Naomie Gelper Naomie Gelper6 novembre 20173 min

La Galerie de l’UQAM accueille la première exposition de la peintre montréalaise Melanie Authier, Contrariétés et contrepoints, qui, comme son titre l’indique, est imprégnée d’une myriade de contraires harmonieux.

L’exposition Contrariétés et contrepoints explore les contradictions dans chacune des oeuvres de Melanie Authier. « Grâce aux différentes façons de contrôler la peinture, je crée des espaces imaginaires en jouant avec les oppositions », explique-t-elle. La peintre confronte, par exemple, la profondeur à la surface et les formes organiques à la géométrie.

En mélangeant ce qui s’oppose, Mme Authier dit créer un dialogue entre ses créations, notamment dans des diptyques et des triptyques, des oeuvres s’étendant sur plusieurs panneaux. « Chaque panneau est sa propre toile résolue, mais, en les installant à proximité, cela fait naître de nouvelles inversions », soutient Mélanie Authier. La section noire d’un tableau détonne ainsi avec la portion blanche de la toile juste à côté.

Cette obsession pour les contraires lui vient de ses observations du monde contemporain. « On retrouve des contrastes dans tous nos environnements, que ce soit à la ville, dans la nature, dans les espaces virtuels ou dans chaque motif que l’on observe tous les jours », émet l’artiste.

Bien que ses toiles soient abstraites, Melanie Authier emprunte certaines techniques à la peinture figurative. « J’organise mes espaces de façon similaire aux peintures de paysages parce que je joue avec le premier plan et l’arrière-plan, explique-t-elle. Mais je déconstruis aussi le tout, car j’aime l’effet organisé et désorganisé ». La peintre utilise également du ruban à coller pour obtenir certains aspects plus précis, comme des effets de superposition.

Allumer des feux pour les éteindre

Contrariétés et contrepoints regroupe des toiles à l’acrylique et d’autres à l’aquarelle, parfois de couleurs vives, parfois de teintes grisâtres. Celle qui affronte sa première tournée solo doit cette polyvalence à son désir de ne jamais recréer la même toile d’une oeuvre à l’autre. « Je débute toujours avec un défi en m’imposant des paramètres. Je commence avec une couleur que je n’ai pas utilisée récemment, par exemple », confie Melanie Authier.

L’artiste dit développer des scénarios de « questions et réponses » à travers ses créations, en choisissant une couleur ou une forme initiale et ensuite en y répondant par un opposé. « J’aime créer des oeuvres contre-intuitives en prenant des risques, rapporte-t-elle. J’allume des feux pour les éteindre ».

Ce cinquième arrêt de sa tournée canadienne, qui s’étale de Saskatoon à Halifax, est un retour aux sources pour Melanie Authier. L’artiste originaire de Montréal, mais désormais établie à Val-des-Monts – après être longtemps restée à Ottawa – souhaite reconnecter avec la communauté artistique montréalaise. « C’est la première fois que j’ai la chance d’avoir une exposition à si grande échelle et c’était important pour moi d’arrêter à Montréal, puisque c’est la ville où je suis née », raconte-t-elle.

L’exposition Contrariété et contrepoints est présentée jusqu’au 9 décembre à la Galerie de l’UQAM.

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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