À la uneSociétéManif non-mixte contre «l’austérité sexiste»

Avatar Raphaëlle Ritchot10 décembre 20152 min

Une manifestation non-mixte comptant près d’une centaine de participantes a eu lieu mardi le 8 décembre au départ du Square-Victoria, alors que les 12 jours d’actions contre la violence faite aux femmes se terminaient dimanche dernier.

«Je suis là parce que ça s’inscrit dans les manifs contre l’austérité, on sait que les femmes sont particulièrement touchées et je crois que c’est important collectivement de sortir dans la rue», explique Magenta Baribeau, réalisatrice du documentaire Maman ? Non Merci !, qui a été présenté dans le cadre des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal.  

Des policiers étaient déjà présents sur place en voiture ou à vélo au départ de la marche, vers 20h. Ils ont encadré la manifestation qui s’est déroulée dans le calme. Les forces policières ont empêché les manifestantes de continuer sur la rue Saint-Urbain et, préférant éviter une altercation, les protestataires ont tourné sur Sainte-Catherine pour emprunter un autre chemin jusqu’à la rue Sherbrooke.

Une deuxième fois, devant l’UQAM à l’angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis, les manifestantes ont rencontré un mur de policiers, mais ont décidé cette fois-ci de foncer. C’est à ce moment-là, environ une heure après le début de la manifestation, qu’elle a été déclarée illégale. Le rassemblement s’est terminé peu de temps après dans le parc Émilie-Gamelin.

Non-mixité

L’étudiante en études féministes à l’UQAM et membre de l’exécutif de l’Association des étudiantes en études féministes (AEEF), Laurence Corbeil, se rappelle des problèmes avec certains manifestants lors d’une manifestation féministe mixte au printemps dernier. «Certains d’entre eux allaient au devant de la marche ou criaient des messages qui n’étaient pas féministes, explique-t-elle. Pour la plupart d’entre nous, je crois que la non-mixité revient surtout à créer un safe space; c’est juste pour ne pas avoir à se justifier pour l’espace d’une soirée de scander des slogans féministes entre féministes.»

Si la non-mixité ne fait pas toujours l’unanimité, l’organisation d’évènements non-mixtes permet le débat. «J’aime ça que les hommes se demandent pourquoi ils ne peuvent pas être là. C’est intéressant parce que ça les fait réfléchir et de cette façon, ça ouvre le dialogue», conclut Magenta Baribeau.

Photo : Ariane Labrèche

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