À la uneCultureLes blasés magnifiques

Avatar Catherine Drapeau7 décembre 20152 min

«J’ai envie d’essayer, de faire quelque chose de ma vie. Quelque chose d’un peu fou. Tu n’as jamais le désir d’aller voir ailleurs si tu y es? Je ne veux pas changer de vie, mais changer d’air un peu, trouver d’autres raison de me lever le matin»*

Dans son deuxième roman, Pierre-Luc Landry aborde les thèmes de l’étrangeté de l’existence et du rapport avec la réalité. L’expérience qu’il offre au lecteur est parfois déroutante, dérangeante, mais surtout touchante. Les corps extraterrestres, publié aux Éditions Druides, réussit à intriguer et à questionner.

Il neige en mai dans le monde de Xavier, un représentant pour une compagnie de médicament d’une entreprise médicale, qui patine pour trouver un but à accomplir. La tempête de sa vie embrouille ses repères et son contrôle sur lui-même s’ensevelit sous tous ses tracas. Surchargé par son travail et dépendant aux drogues, il vacille entre le sentiment d’avoir raté sa vie et le désir d’apprivoiser son incapacité à exister, dont il pense mettre fin. Pourtant, rien ne l’empêche d’être heureux, sauf lui-même. Puis, il y a Hollywood, un jeune qui a lâché l’école et quitté la maison de ses parents pour s’évader aux États-Unis, cherchant à vivre un je-ne-sais-quoi. Artiste dans l’âme, il écrit des petits poèmes illégitimes, sans talent particulier, et la musique donne un rythme à sa vie, l’accompagnant dans ses moments les plus difficiles. Il y a un trou dans la poitrine de Holly pour qui le temps ne passe pas assez vite. Il fond sous la canicule en plein mois de mars et désir changer de décor pour mieux se retrouver.

La complexité du monde qui nous entoure est dépeint par l’auteur de manière franche. Pierre-Luc Landry pose un regard sensible, déstabilisant par moment, sur les comportements humains. Quand la raison côtoie la folie de très près, des mélanges éclectiques prennent forme à l’étonnement de celui qui se laissera guider dans ce roman qui transporte dans un monde déjanté par bout, mais existentialiste à la base. L’auteur rend un brillant hommage à ces moments qui ne font aucun sens, mais qui parsèment notre vie.

*p. 93

3.5/5

 

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