À la uneCultureCinq films à retenir du FNC

Avatar Samuel Lamoureux17 octobre 20154 min

 

Il reste seulement quelques jours au Festival du Nouveau Cinéma (FNC) et l’heure des bilans arrive à grands pas. Après un marathon de films, cinq propositions se sont démarquées aux yeux des festivaliers. Regard sur ces immanquables bientôt disponible en salle.

Le seul consensus à propos du dernier de Gaspar Noé est qu’il y a certainement un avant et un après Love. Après 2h15 de sexe non-simulé, c’est toute l’histoire du cinéma qui prend un coup et dorénavant l’écoute de scènes érotiques classiques devient bien futile. Mais bien sûr, Love ce n’est pas que de la chair. Il s’agit avant tout d’une fable sur les sentiments et sur la nature humaine. C’est exactement ce qui rend le film si difficile à critiquer. Tous ou presque ont vécu ces scènes intimes, Love rejoint le cinéphile dans son propre intérieur et l’assomme. On peut discuter du culte assez intense que la génération 18-24 ans a pour Gaspar Noé, mais le film est à voir, seulement une fois pour marquer au fer rouge. Et puis il y a la musique psychédélique, les plongées radicales, les couleurs chaudes, inutile d’en rajouter.

Jafar Panahi’s Taxi

Imaginez que Denis Villeneuve, ou encore Philippe Falardeau, se fassent interdire à vie d’utiliser la caméra. Ce contexte de censure farfelu, c’est bien ce qui est arrivé au grand cinéaste iranien Jafar Panahi. Le voici pourtant avec un film tourné sous la manche, clandestinement, à Téhéran. La mise en scène est la plus simple possible, toute l’action se déroule dans le taxi conduit par Jafar, mais c’est le scénario qui fait la richesse du film. Au gré des clients et amis montant dans le taxi, c’est toute la société iranienne que le cinéaste analysera au peigne fin. La scène ou sa nièce lit les règles de censure cinématographique officielles fait frémir. Le film mérite amplement son Ours d’or du Festival de Berlin cette année.

Born to be Blue

Le cinéaste canadien Robert Budreau est fasciné par la figure du trompettiste Chet Baker. Après lui avoir consacré le court métrage The Deaths of Chet Baker, il est de retour avec un récit sur la deuxième partie de la vie du célèbre jazzman. C’est une caméra fine qui suit l’acteur Ethan Hawke de près, alors que celui-ci incarne le trompettiste dans les années noires de sa carrière. C’est un retour fascinant sur une époque, une belle reconstruction où passent autant Miles Davies que Dizzy Gillepsie. Les amateurs de jazz seront comblés. Et cette fin…

Yakuza Apocalypse

Fans du festival Fantasia, ce film est pour vous. Déjanté, explosif, avec un vampire, ce film de Takashi Miike est un défouloir surréaliste. Une bataille interminable entre un chef de gang yakuza vampire contre un prêtre gothique finit par déclencher une sorte d’apocalypse. La caméra rapide rappelle les films d’actions japonais classiques et la musique est une merveille en son genre. Tout ceci est réalisé avec une métaphore sur les crises économiques et les changements climatiques. Du grand cinéma!

Song of Songs

Il est presque impossible de regarder un film ukrainien en salle normalement, alors un récit intimiste comme celui d’Eva Neyman, c’est à ne pas manquer. Entre en scène le jeune Shimek, enfant rempli d’une imagination refoulée par son village traditionnel juif. La beauté esthétique des décors classiques fait sublimement contraste avec l’univers imaginé du jeune homme. C’est le moment Haneke du festival, celui qui n’est pas vraiment divertissant, mais nécessaire. Il s’agit du troisième long métrage de la réalisatrice ukrainienne, sélectionné au festival du film de Karlovy Vary.

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