À la uneOpinion>En coulissesÇa m’a ému

Avatar Colin Cote-Paulette7 février 20152 min

Samedi soir, j’ai assisté au fameux spectacle hommage à Jacques Brel mis en scène par Luc De Larochellière, avec Marc Hervieux, Paul Piché, Pierre Flynn, Isabelle Boulay, Dianne Tell et plusieurs autres interprètes québécois populaires. Je suis sorti du concert assez ému. Évidemment, le spectacle était très bien ficelé. Chaque interprète passait sur scènes chanter deux chansons de Brel accompagné d’un piano seulement, entrecoupé d’extraits vidéos d’une honnête entrevue du chanteur belge. Ce n’est pourtant pas l’impressionnante précision des enchaînements et les interprétations de qualité qui m’ont bouleversé. Qu’on se comprenne bien, je ne connais pas assez Jacques Brel pour être un grand admirateur et j’étais au concert puisque c’était un cadeau, mais passons. Ce qui m’a secoué, ce sont toutes ces têtes blanches autour de moi.

Je m’explique. Je n’étais pas surpris d’être parmi les plus jeunes dans l’assistance, bien entendu. Brel, après une prolifique carrière, est décédé en 1978! Ce qui m’a ébranlé chez ses personnes âgées, c’est leur volonté de venir chanter Brel tous ensemble, pour une dernière fois peut-être. J’ai vu des gens s’appuyer de toutes leurs forces sur leur canne, simplement pour aller retrouver leur siège. Des gens à la vue chancelante soutenus par le bras afin d’être guidés dans les confins de la salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec. En sortant, on voyait beaucoup plus de spectateurs aidés par le personnel d’accueil qu’à l’habitude. Certains avaient eu un malaise durant le concert, d’autres s’étaient perdus. Je ne vous cacherai pas que c’était le festival de la toux entre chaque chanson. Bref, ce n’était pas du tout facile physiquement pour ces gens d’assister au concert.

Je me suis alors vu dans un avenir encore lointain. Sortir de chez moi, prendre un taxi parce que je veux plus prendre le transport en commun et aller m’assoir dans une salle pour écouter chanter un Jean Leloup à l’article de la mort (c’est vraiment juste un exemple comme ça, j’aurais pu prendre un millier d’autres artistes), malgré tous mes maux. Je n’ai pas hâte, mais j’espère qu’à ce moment-là, je vais encore trouver ça beau, cette force rassembleuse qu’est l’art.

Colin Côté-Paulette

Chef de la section culture

Twitter: @colinctpaulette

culturemontrealcampus@gmail.com

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