CultureTourisme Improvisé

Samuel Lamoureux4 février 20153 min

Un véritable marathon de 14 matchs en 15 soirs en sol québécois, voilà le défi que se sont donné les membre des Givrés de l’impro, une équipe d’improvisation formée de quatre Français et d’une Belge. En tournée au Québec jusqu’au 6 février, ils voient le mélange des styles de jeu comme une richesse.

«Pour nous, avec le décalage horaire il est 3h du matin en ce moment.On va faire le match mais on garantit rien»,lance à la blague un des membre des Givrés, l’Angevins Arnaud Bioteau. Le 24 janvier, lors de leur deuxième match contre la Certaine Ligue D’improvisation Créative (CLIC) à St-Jean-Sur-Richelieu, l’équipe a attiré plus de 90 personnes dans cette salle qui en reçoit habituellement la moitié. «C’est énorme! Ça nous finance pour le reste de l’année», croit le joueur de la CLIC, Dominic Lorion.

Arnaud Bioteau, tout comme Emmanuelle Landais et Éric Crémers, deux autres Givrés, évoluent dans la Ligue D’improvisation Angevine (LIMA) depuis plus de 15 ans.Puisqu’il s’agit de leur sixième tournée québécoise depuis 2000, le public local n’a plus de secret pour eux. «Ce serait une erreur de tomber dans les clichés faciles, mais il faut absolument mettre le public à l’aise, souligne Arnaud Bioteau. On s’arrange habituellement pour faire une blague de poutine ou de sacre dans les premiers moments, ça lève immédiatement et puis on retourne à notre style». Chose faite en ce match du samedi soir, même une blague d’autoroute 40 a été glissée subtilement dès le début du match.
Sur le style de jeu, y a-t-il vraiment une différence entre l’improvisation québécoise et européenne ?Éric Crémers en est certain. Selon ce dentiste de formation, même la Belgique a son propre système. «En France on joue beaucoup avec les univers, avec les lieux. On revient aux grands auteurs comme Molière ou Tennessee Williams et on les adapte, explique-t-il. Les belges sont comme une bande dessinée, ils construisent mais ils sont complètement éclatés». Éric Crémers a aussi sa vision de l’improvisation au Québec. «Ici ça joue vraiment physique, avec beaucoup de textes. C’est carrément du stand-up comique», ajoute-t-il.

Nouvelle vision

Charlotte Destrebecq, de Mons en Belgique, et Nicolas Tavernier, de Lille en France, complètent la formation des Givrés de l’impro cette année. Moins expérimentés que leurs trois coéquipiers, l’improvisation leur est tout de même salutaire. «Il y a dix ans j’ai commencé l’impro uniquement pour parfaire ma formation de comédien, confie Nicolas Tavernier, 35 ans. Le problème c’est qu’on devient accro!».

Pour Charlotte, qui en est à son premier séjour au Québec, l’improvisation est une pratique qui ouvre les yeux. «Il suffit de faire un peu d’impro pour réaliser qu’il y a des personnages partout, avoue-t-elle. Le regard qu’on porte sur le monde devient très différent, et en quelque part, nous rend plus sympathique.»

La tournée des Givrés les amènera à faire le tour du Québec, puis à se rendre jusqu’en Ontario,à Ottawa etToronto. «On s’est déjà rendu jusqu’en Gaspésie, confie fièrement Éric. Le plus dur c’est le début, après la machine est partie!». Les matchs en Ontario seront sans aucun doute la découverte d’un autre niveau de jeu pour ces joueurs qui ne manquent pas d’expérience. La rencontre de styles différents reste toujours un apprentissage pour eux: plonger dans la diversité pour apprendre et s’éclater.

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