À la uneBaromètreMarie la pas si sanglante

Avatar Justine Gaignard-Parent22 janvier 20142 min

Marie Tudor règne sur le théâtre Denise-Pelletier en ce début d’année 2014 et dévoile, grâce aux mots de Victor Hugo, son côté romantique. Dans une mise en scène de Claude Poissant, cette ode à l’amour carbure aux jeux d’acteurs satisfaisants dans production qui manque toutefois d’audace.

Le public doit se le tenir pour dit : il n’assistera pas à un drame historique, mais à un drame romantique. Les faits relatés dans la pièce sont plus que romancés, la plupart des personnages principaux n’ont même jamais existé! Une fois cette réalité acceptée, le spectateur peut se laisser séduire par l’incroyable performance d’une Julie Le Breton qui rend magnifiquement toute la complexité du caractère imprévisible de celle qu’on surnomme Marie La Sanglante.

Oubliez toutefois les hérétiques qui brûlent sur le bûcher et les desseins machiavéliques de celle qui était alors reine d’Angleterre envers sa soeur Élisabeth. L’histoire en est une d’amour et de vengeance. «C’est une femme qui a été outragée, mais c’est une reine qui se venge !», résume très bien le personnage de Marie Tudor dans le premier acte de la pièce. Un premier acte qui manque d’ailleurs de rythme avant que n’apparaisse la sublime Julie Le Breton. Notons également l’attachante performance de Simon Lacroix dont le passage est de trop courte durée et de Jean-Philippe Perras en un amant de la reine aussi charismatique que fourbe.

En général, les acteurs semblent toutefois coincés dans leur propre corps dans une mise en scène qui manque d’audace, mais qui livre la marchandise. L’idée est toutefois ingénieuse de faire jouer la musique du spectacle par les comédiens eux-mêmes et les cris des émeutes sont magnifiquement imagés par des presque chants grégoriens. Marie Tudor, à l’inverse du personnage en lui-même, ne
passera pas à l’Histoire, mais reste tout de même un spectacle divertissant qui meuble une belle soirée.

Marie Tudor, Victor Hugo, jusqu’au 8 février 2014, Théâtre Denise-Pelletier, mise en scène de Claude Poissant.

Crédit photo: Robert Etcheverry

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