BaromètreCupabilité

Avatar Emile Mercille Brunelle27 mars 20132 min

Trois mondes, le nouveau film de la réalisatrice française Catherine Corsini, est comparable à 21 grams de Alejandro Gonzales Inàrittu, quoique un peu moins intime dans son exposition des rapports humains. Il n’en demeure pas moins que la puissance de la culpabilité exhibée dans le film hantera les esprits des téléspectateurs. Catherine Corsini compose un drame très lourd, à travers lequel les protagonistes tentent du mieux qu’ils peuvent de gérer une situation qui les dépasse. Ils seront tous ébranlés par la lourdeur émotionnelle et humaine qui accompagne le regret.

Antidote 10

On y suit l’histoire de Al (Raphaël Personnaz), qui célèbre son propre enterrement de vie de garçon en compagnie de ses deux amis d’enfance. Complètement saoul, se défoulant pour fuir quelque chose qui nous échappe au début du récit, il conduit à toute vitesse en état d’ébriété. Il frappera accidentellement et de plein fouet le mari de Vera (Arta Dobroshi), et quittera rapidement la scène du crime sans se retourner. Une voisine, Juliette (Clotilde Hesme), a tout vu. Elle va retrouver Al alors que ce dernier se rend à l’hôpital pour constater l’état de sa victime. Cette rencontre déclenchera une quête de la rédemption pour Al, alors que Juliette l’implore de venir en aide à la femme très pauvre de l’accidenté.

Le film doit principalement son efficacité dramatique à l’interprétation marquante de Raphaël Personnaz dans la peau d’un jeune professionnel qui croyait être à l’abri de tout en se construisant une sécurité financière. Il sera abasourdi devant le peu de moyens dont il dispose pour se sortir du précipice dans lequel il s’est abruptement enfoncé. S’ensuivra un combat intérieur admirablement joué par l’acteur, visiblement rongé par une incroyable pression sociale. Il y a aussi le combat de la naïve Juliette. Cette dernière tente de tout réparer, mais éprouve d’énormes et surprenantes difficultés à différencier le bon du mauvais. Un combat perdu d’avance, puisqu’il n’y a pas de mauvais. Il n’y a que des débutants qui commettent des erreurs. Et qui cherchent à se faire pardonner.

Trois mondes, Catherine Corsini, 101 minutes, France, en salles depuis le 22 mars

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

À lire aussi

Nuit américaine

Nuit américaine

12 mars 2015
2 min
Tristesse objective

Tristesse objective

12 mars 2015
2 min