UQAMIncertitude post-grève

Avatar Vanessa Hébert9 septembre 20122 min

Manifestée par le dessin, la vidéo ou le tricot, la grève étudiante a été un point d’ébullition pour la création. Le retour en classe remet en question la mission des divers comités étudiants.

«On met la clé dans la porte, explique le fondateur de l’École de la Montagne Rouge, Guillaume Lépine. On est nés avec la grève, on meurt avec elle.» Loin de se laisser abattre, il suggère que cette mort pourrait être synonyme d’une vie nouvelle. «Nous ne voulons pas être une institution. Le fait de mourir donne la chance à d’autres de faire un projet similaire.»

Pris au dépourvu par une session d’hiver condensée, les comités peinent à trouver du temps pour s’impliquer. «Je ne veux pas dire que nous sommes en pause pour cinq semaines, mais le contexte rend la chose difficile, lance la directrice aux communications de la Boîte Rouge, Maude Cloutier-Vallières. Nous sommes surchargés de travaux. Nous n’avons pas de temps pour faire rouler la Boîte.» La situation est la même pour Fermaille. «Nos membres sont éparpillés et l’idée du rattrapage que nous devons faire est décourageante», soulève Jean-Philippe Chabot, membre de Fermaille.

La mutation des missions des comités pourrait être une avenue pour permettre leur durabilité. Le cofondateur de la Boîte Rouge, Patrick Franke-Sirois n’écarte pas l’idée d’une seconde vie à saveur citoyenne, mais doute de sa pertinence. Pour lui le projet fondé pour la durée de la grève, à l’origine, est cependant trop associé à cet évènement. «La grève est terminée et en ce sens, il faudrait mettre fin à ce projet. On ne peut pas s’éparpiller et se battre pour toutes les causes.» Il souligne toutefois que la production de vidéos en temps de grève a donné envie à plusieurs de s’impliquer.

Maude Cloutier-Vallières croit également à un second souffle plus citoyen. «Peut-être que la Boîte Rouge pourra devenir concurrentielle sur le web tout en montrant le point de vue des étudiants.» Fermaille, toutefois, songe à se concentrer sur des projets à long terme. «Nous prévoyons sortir un livre en octobre. Le côté social restera important puisque c’est ce qui nous unit en tant que groupe.»

Mais les ressources restreintes ne sont pas les seuls obstacles à la pérennité des divers comités. Créée lors d’une assemblée générale, la Boîte Rouge doit prouver sa pertinence auprès de la Faculté de communication. Maude Cloutier-Vallières est toutefois convaincue que la Boîte Rouge peut encore s’avérer utile auprès des élèves en cinéma qui l’ont fait naître. «Les gens ont développé un sentiment d’appartenance avec la Boîte et nous avons eu beaucoup de courriels pour nous féliciter de notre travail artistique.»

Même si les projets ne survivent pas à l’après-grève, plusieurs initiatives pourraient naître grâce à d’anciens membres. «On a développé un réseau de contacts extraordinaire, explique Patrick Franke-Sirois. Il y aura d’autres collaborations.» Avec des expositions, un livre et des idées plein la tête, les comités laisseront un héritage. «La grève est une chose éphémère et c’est ça qui est beau, affirme avec confiance Guillaume Lépine. Il y aura un post-Montagne Rouge.»

Crédit photo: Courtoisie de l’École de la Montagne Rouge 

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