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Avatar Florence Sara G. Ferraris15 février 20122 min

Dans quelques semaines, le gouvernement conservateur annoncera son nouveau budget. Le premier en tant que majorité élue à la tête du pays. L’an dernier, le dévoilement de la plate-forme économique 2011 avait servi de véritable catalyseur des frustrations des partis de l’opposition et avait suffi pour mettre en marche la machine électorale. Avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui…

En 2012, en accord ou pas, les Canadiens et l’opposition devront accepter sans rechigner les décisions de l’équipe de Stephen Harper en matière d’économie.
Et les temps s’annoncent durs. Le budget, attendu pour le mois de mars, devrait s’abattre comme une massue sur nos têtes. En effet, dès l’automne dernier, le gouvernement annonçait sa volonté de réduire le déficit et, pour y arriver, d’imposer des compressions budgétaires à l’ensemble des ministères. Des sociétés d’État également. Dans cette optique, notre rempart de l’information – Radio-Canada – n’a, encore une fois, qu’à bien se tenir.

Au programme, une réduction du budget actuel du radiodiffuseur public national de près de 10%. Cela représente plus de 100 M$ selon président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert T. Lacroix. En entrevue avec le quotidien montréalais Le Devoir le 11 février dernier, celui qui occupe ce poste depuis le 1er janvier 2008 expliquait, qu’à son avis, ces compressions auront un impact particulièrement néfaste sur le développement de la société d’État. Une réalité qui semble toutefois laisser de glace notre gouvernement actuel.

Devant cette apparence d’inertie, le Syndicat des communications de Radio-Canada, en partenariat avec la CSN, a mis sur pied une campagne pour défendre la société d’État – «Tous amis de Radio-Canada». Par la même occasion, les deux organisations souhaitent obtenir une garantie pour tous les Canadiens d’avoir accès à une information de qualité. Une assurance pas toujours facile à obtenir à l’ère de l’information continue. Alors quand le gouvernement menace de couper les vivres au télédiffuseur public, il y a de quoi s’inquiéter.

Surtout que ce média coûte en réalité 34 $ par année, par personne, aux contribuables. Cela représente un sou noir par jour. Lorsqu’on sait que le comité sénatorial des finances nationales réitère depuis quelques années son désir de retirer cette pièce de la circulation…

Devant ce constat accablant, il y a de quoi se questionner sur les motivations réelles de nos dirigeants. À l’automne dernier, les commentaires guillerets des députés conservateurs laissaient déjà entrevoir la funeste destinée de la société d’État. Déjà, les coupures effectuées au cours des dernières années ont suspendu l’épée de Damoclès qui plane aujourd’hui au-dessus de la tête de Radio-Canada.

Moi, je suis «amie» de Radio-Canada. Je vous invite à l’être aussi.

http://amisderadiocanada.com/

Florence Sara G. Ferraris
Chef de pupitre Culture
culture.campus@uqam.ca

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