La main dans le casier

Recrudescence de vols au Centre sportif

Depuis deux ans, de plus en plus d’étudiants retrouvent leur casier vide après s’être entraînés au Centre sportif de l’UQAM. Les membres s’inquiètent tandis que le complexe tarde à se lancer à la poursuite des malfrats.

 

Photo Mathieu Dubois
 
 Le Centre sportif a connu une très forte augmentation des vols dans les deux dernières années. Entre 2006 et 2008, le nombre de larcins recensés a bondi de 10 à 62. Selon Manon Vaillancourt, directrice du Centre sportif, la présence d’une clientèle extérieure à l’UQAM dans les installations sportives serait la cause de la hausse du nombre de vols. Depuis 2003, les résidents du quartier peuvent profiter du centre, moyennant la somme de 10$. L’environnement urbain de l’Université a toutefois changé depuis deux ans et les périodes où les usagers du quartier ont accès au complexe sont celles où l’on dénombre le plus de vols, soutient Manon Vaillancourt.
 
Pour les non-membres, l’accès aux services est possible à partir du 1er novembre pour la session d’automne et du 1er mars pour la session hivernale. Lors de cette période, les services de sécurité renforcent la surveillance et intensifient la sensibilisation auprès des étudiants.
 
Malgré la hausse récente des vols, aucune nouvelle mesure n’a été prise. «On croyait être en mesure de contrôler la situation avec les effectifs actuels», explique la directrice. Pour justifier la lenteur du Centre sportif, Manon Vaillancourt invoque le manque de fonds. «Des changements sont prévus dès l’année prochaine, mais ils devront d’abord être approuvés par l’Université. Il faudra aussi trouver le financement pour les appliquer.» La directrice souhaite notamment que les usagers non-membres soient accompagnés d’un étudiant pour accéder au complexe dès l’automme prochain. Elle assure que ce n’est pas pour renflouer les coffres du Centre sportif que les usagers extérieurs seront encore admis. «Les montants rapportés par la clientèle extérieure s’élèvent à 1 500 dollars par année. Nous n’avons pas besoin de ce revenu.»
Manon Vaillancourt désire également installer des casiers spéciaux pour les ordinateurs portables en face des comptoirs de service. La hauteur des casiers sera aussi réduite dans les vestiaires afin de décourager les voleurs. «Présentement, les casiers sont trop hauts pour permettre aux usagers de voir ce qui se trame dans la rangée suivante. En raccourcissant les casiers, tout le monde aura les vestiaires à l’œil», espère Manon Vaillancourt.
Le Service de la prévention et de la sécurité de l’UQAM prévoit aussi l’ajout de caméras dans le complexe. Il souhaite ainsi prendre les filous sur le fait. Ce serait une première pour l’Université, qui n’a jamais réussi jusqu’ici à attraper un seul voleur au Centre sportif.  
 

Coûteux cadenas
Le directeur du Service de la prévention et de la sécurité de l’UQAM, Alain Gingras, ne croît pas que les membres soient responsables de la hausse des vols. C’est plutôt l’arrêt du prêt du cadenas qu’il pointe du doigt. Depuis 2007, le Centre sportif ne fourni plus de cadenas aux usagers qui ont oublié le leur. Ils doivent à présent en faire l’achat pour une somme de 4$. «Je suis convaincue que ce règlement n’est pas en lien avec les vols», réplique Manon Vaillancourt.
Carl est étudiant en éducation physique. Il fréquente le Centre sportif deux à trois fois par semaine. L’adepte de badminton considère que payer pour un cadenas est une mesure excessive. «Ça devrait toujours être gratuit. On vous offre les services d’un centre sportif, mais pas de système de sécurité. Ce n’est pas logique.» Informé récemment de plusieurs disparitions suspectes dans les vestiaires des hommes, Carl prend ses précautions depuis. «On a entendu parler d’une série de vols dans les casiers près de la piscine. J’apportais toujours mon cadenas, mais maintenant je dissimule mes effets personnels plus coûteux avec plus de précaution.»
Sébastien, également étudiant en éducation physique, croit pour sa part que la sécurité doit être renforcée au sein de l’établissement. «Il devrait y avoir plus d’agents de sécurité. Il n’y en a qu’un en poste en ce moment et personne ne surveille les vestiaires.» Lors du passage de Montréal Campus, le comptoir réservé à l’unique agent de sécurité du complexe est demeuré vacant près d’une trentaine de minutes.  
Les recours sont très limités lorsqu’un étudiant est victime d’un larcin. «L’UQAM n’assume aucune responsabilité quant aux vols sur le campus. C’est à l’usager de veiller à la sécurité de ses effets personnels», signale Manon Vaillancourt. Le Service de la prévention et de la sécurité encourage les étudiants à recenser le vol auprès d’un agent, car seules les disparitions dénoncées permettent de témoigner de la situation. «Ensuite, il pourrait y avoir enquête, selon la valeur de l’objet dérobé et le moment du vol dans la semaine», explique Alain Gingras. Les enquêtes sont toutefois très rares et lancées uniquement lors de cas exceptionnels. Les étudiants volés n’ont pas vraiment de recours après les faits, admet Alain Gingras.
Le directeur refuse de contrôler davantage les individus qui se promènent sur le campus. «Il est très difficile de filtrer les gens qui se promènent sur le campus de l’UQAM. Il y a toutes sortes d’individus qui ne sont pas étudiants et qui ont tout de même le droit de circuler. Comment savoir lequel peut être un pickpocket? Si on se met à questionner tout le monde, l’Université va se transformer en bunkeur.

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