Non classéÀ qui la Télé-université

Christopher Young14 janvier 20093 min

Le rapport Brossard suggère l’intégration complète de la TELUQ à l’UQAM

Après trois ans, la fusion partielle entre la TELUQ et l’UQAM déçoit. Un nouveau rapport suggère que l’Université du peuple intègre complètement l’université à distance, une solution qui est loin de faire l’unanimité.


La Télé-université (TELUQ) devrait être une partie intégrante de l’UQAM, suggère le commissaire Pierre Brossard dans un rapport déposé au recteur Claude Corbo à la fin décembre. Mandaté par ce dernier afin de dégager la meilleure avenue possible pour les deux universités, Pierre Brossard prêche pour un développement accru de la formation à distance, qui débuterait par l’intégration totale de la TELUQ au sein de l’UQAM. Fondée en 1972, la Télé-université a été rattachée en 2005 à l’UQAM par décret ministériel, tout en gardant une structure de direction distincte. Basée à Québec, la TELUQ emploie près de trois cents travailleurs, dont une vingtaine d’enseignants. La fusion partielle devait permettre d’augmenter de 30% en quatre ans le nombre d’étudiants et de programmes offerts.

Trois ans plus tard, force est de constater que les progrès souhaités ne se sont pas concrétisés. Les étudiants sont passés de 18 000 à 20 000, une augmentation de 11% et le nombre de cours offerts a stagné à 375, alors que l’objectif initial était de 500.

Le rapport de Pierre Brossard, ancien membre de la direction de l’UQAM et du mouvement Desjardins, d’assimiler complètement la TELUQ. Les services administratifs seraient fusionnés, les professeurs se joindraient aux départements et facultés uqamiennes, les cours de la TELUQ feraient partie du répertoire régulier de l’Université et les règlements de l’UQAM seraient appliqués. Le campus principal de la TELUQ, situé en plein cœur du quartier Saint-Roch à Québec, deviendrait un campus de l’UQAM et offrirait ainsi une porte d’entrée pour l’Université dans la capitale. Le rapport souligne l’avantage concurrentiel important d’un tel campus devant les nombreuses universités qui s’implantent en sol métropolitain.

L’UQAM y gagnerait également sur le plan financier. Le rapport Brossard souligne que «si le rattachement de la Télé-Université est géré correctement, l’UQAM pourrait en retirer un bénéfice de cinq à dix millions par année», un montant non négligeable, considérant les récents déboires financiers de l’Université. 

 

L’opposition s’organise
Pour l’instant, aucune des deux directions n’a commenté officiellement le rapport. L’administration de l’UQAM souhaite tenir des consultations internes avant de se prononcer définitivement. Un courriel de la direction a cependant décrit le rapport Brossard comme étant «l’hypothèse de travail à privilégier». La TELUQ attend quant à elle la réaction officielle de l’UQAM. «C’est elle qui a commandé un rapport, pas nous. Pour l’instant, on est en réflexion sur la position à adopter», a déclaré un responsable des communications de la TELUQ.

Derrière cette façade de neutralité, la TELUQ se prépare toutefois à défendre chèrement sa peau. Le conseil de gestion, l’équivalent pour la TELUQ d’un conseil d’administration, a déjà adopté une résolution s’opposant fermement aux conclusions du rapport Brossard. Le conseil dispose d’un argument de poids: l’entente signée lors de la fusion de 2005 garantit le maintien de «l’intégrité organisationnelle» de la Télé-université.
Les syndicats de la TELUQ sont également aux aguets et fourbissent leurs armes. Les regroupements des employés de soutien et des professeurs ont déjà annoncé leur intention de soumettre une contre-proposition à la direction de l’UQAM, dès qu’ils auront consulté leurs membres en assemblée générale. «On ne s’oppose pas aux objectifs, mais aux moyens, affirme le président du syndicat des professeurs de la TELUQ, Luc Nadeau. On parle d’appliquer les règlements de l’UQAM, mais sont-ils compatibles? Par exemple, à la TELUQ, les étudiants peuvent s’inscrire n’importe quand dans l’année. Ce n’est pas le cas à l’UQAM.»

De possibles pertes d’emplois sont également à craindre. Déjà, le rapport Brossard propose d’abolir cinq postes, tous des postes de direction. Toutefois, le manque de précisions sur l’avenir à long terme de la TELUQ inquiète particulièrement Luc Nadeau. «Personne ne sait s’il va y avoir un réinvestissement en formation à distance de façon soutenue. S’il y a une autre crise financière à l’UQAM, est-ce que c’est dans la TELUQ que l’on coupera en premier?»

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