UQAMLe numérique n’écarte pas les étudiants et étudiantes des bibliothèques

Léa Carrier7 février 20194 min

Si le virage numérique a causé un déclin de l’achalandage des bibliothèques universitaires depuis dix ans, l’intérêt des étudiants et étudiantes pour le Service des Bibliothèques de l’UQAM est toujours manifeste.

Bien qu’un bruit court depuis quelque temps que la sélection de livres imprimés sur les tablettes de l’UQAM est insuffisante, la directrice générale du Service des bibliothèques de l’UQAM Lynda Gadoury peut se targuer de proposer aux étudiants et aux étudiantes un catalogue électronique rempli. Des cinq millions de dollars en budget qui sont annuellement alloués aux bibliothèques, 4,5 millions servent à payer les abonnements numériques.

Représentant la quasi-totalité du budget, les dépenses liées au numérique offrent davantage de possibilités que l’imprimé, défend la bibliothécaire du Service de l’acquisition et du traitement des ressources documentaires de l’UQAM, Carolle Blais. « La recherche d’articles de périodiques à l’aide de bases de données est beaucoup plus performante que ne l’étaient les index imprimés », soutient-elle.

« Les bibliothèques de l’UQAM donnent beaucoup de ressources en ligne, comparativement à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec [BANQ] qui propose plus des ressources manuscrites. Ça nous permet d’avoir accès à beaucoup de plateformes de recherche de la maison », indique Clémentine Martin, qui étudie présentement au baccalauréat en cinéma à l’UQAM.

Les critiques visant les tablettes vides des bibliothèques de l’UQAM ne sont pas sans fondement, concède Mme Gadoury. L’achat de livres papier constitue une maigre part de 7 à 8 % du budget annuel des bibliothèques, montant qui écope bien souvent des fluctuations du dollar canadien.

« Comme la plupart de nos abonnements numériques sont payés en dollars américains, il suffit que le dollar canadien chute un peu pour ça nous coûte 50 000 $ de plus », explique-t-elle.

Quand des variations imprévisibles des coûts des abonnements numériques surviennent, c’est dans le budget de l’imprimé que le service doit piger pour payer ses factures. « On est très captifs de ça », déplore Mme Gadoury.

Elle estime qu’une hausse du budget annuel serait nécessaire à la stabilisation des dépenses liées au numérique. Des discussions récentes avec la direction de l’UQAM lui laissent néanmoins croire en une certaine « compréhension » de la nécessité d’une transition budgétaire.

Une clientèle toujours présente

Si le virage numérique a eu des effets sur la méthodologie du travail universitaire, Mme Gadoury soutient qu’il n’a pas pour autant affecté les habitudes des étudiants et étudiantes. « Il y a eu une baisse de l’achalandage dans toutes les bibliothèques universitaires, affirme-t-elle. Ça doit faire près de 10 ans qu’on a eu cette baisse-là. La courbe s’est stabilisée depuis. »

Les dernières statistiques recensées par l’UQAM témoignent même d’une remontée notable des visiteurs : le nombre d’entrées dans les six bibliothèques de l’université a bondi de 15,3 %, entre les années 2016-2017 et 2017-2018.

L’exclusivité de certaines collections imprimées, par exemple d’arts visuels, et l’accès au personnel spécialisé justifient, en partie, l’intérêt fidèle des étudiants et étudiantes pour les bibliothèques universitaires.

Selon Mme Gadoury, l’explication la plus évidente demeure le besoin toujours réel des espaces de travail. « Notre premier réflexe quand on pense aux bibliothèques, c’est de penser aux espaces pour étudier », illustre-t-elle.

Quelque 250 nouvelles places assises et une dizaine de locaux réservés aux travaux d’équipe ont d’ailleurs été aménagés cet hiver dans la bibliothèque du pavillon Hubert-Aquin.

Des formations pertinentes

À mesure que s’ancre le virage numérique dans le Service des bibliothèques, les formations offertes par son personnel sur l’utilisation des nouveaux outils électroniques gagnent en pertinence. « Aujourd’hui, nous possédons des milliers de bases de données, des milliers de titres de périodiques électroniques. Qu’est-ce qui est intéressant ? Comment organiser tout ça ? Comment récupérer l’information et bien la citer ? », exemplifie Mme Gadoury. Les abonnements à des périodiques numériques ont grimpé de 22,1 % et le nombre des formations données de 15,7 % entre les années 2016-2017 et 2017-2018.

photo: LUDOVIC THÉBERGE MONTRÉAL CAMPUS

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