UQAML’abolition de l’ancien comité sur la Politique 16 a été faite de façon transparente, selon la rectrice

Audrey-Anne Blais Audrey-Anne Blais22 décembre 20185 min

La rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, a tenu à rectifier le tir quant à l’opacité dans laquelle se serait déroulé le remplacement du comité institutionnel de la Politique 16. Malgré ses précisions, les versions divergent relativement à la façon dont il a été mis en place.

« Je trouve le constat d’opacité vraiment sévère. Comment se fait-il qu’avec le nombre d’annonces que j’ai pu faire, il y ait eu cette compréhension de la situation ? », s’interroge Magda Fusaro, à la suite de la publication d’un article du Montréal Campus qui faisait état de l’opacité dans laquelle le comité de révision aurait été aboli.  

Elle insiste avoir discuté de ce changement avec les membres de la Commission des études lors d’une réunion le 16 octobre dernier. « Madame Maude Rousseau, directrice du Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement, remettra prochainement au conseil d’administration la synthèse des avis exprimés par la communauté [dans le cadre de la consultation sur la Politique 16], peut-on lire dans le procès-verbal. Cette synthèse sera assortie d’une proposition concernant la composition du Comité institutionnel contre le harcèlement sexuel, celui-ci ayant terminé son mandat au mois de mai dernier. » On précise que le Vice-rectorat au développement humain et organisationnel sera alors responsable du dossier.

La déléguée étudiante désignée Stéphanie Thibodeau maintient sa position. « J’ai lu tous les PV [procès-verbaux] des conseils d’administration et de la Commission des études et la politique 16 y est à peine mentionnée », affirme-t-elle.

Selon les dires de la rectrice, Maude Rousseau aurait rencontré en amont les membres du comité pour les informer de ce changement en plus d’évaluer leur intérêt à faire partie du nouveau comité.

« Si ça a été fait, ça veut probablement dire que ça a été dit dans des termes trop précis et trop [institutionnels] et qu’il n’y a pas eu de vérification de compréhension », répond Stéphanie Thibodeau.

« Visiblement, les membres du comité institutionnel ont été étonné-e-s et choqué-e-s de voir la dissolution du comité votée le 30 octobre dernier en CA », ajoute la responsable aux communications du Syndicat des étudiants et étudiantes employé-e-s (SÉTUE) de l’UQAM, Florie Dumas Kemp.  

Mésentente

Pour Magda Fusaro, il n’y aurait aucun intérêt pour le nouveau comité à renverser les décisions de son prédécesseur. « Le comité permanent est composé à moitié de membres de l’ancien comité. On a tenu à aligner ces comités pour qu’il y ait une vraie passation des informations », a-t-elle précisé en entrevue.

Florie Dumas-Kemp continue de soutenir le contraire. « On constate que les enjeux de fond, comme la composition du comité institutionnel […] ou encore la question du sexisme, sont remises en question au sein du nouveau comité », explique-t-elle. Mme Dumas-Kemp considère que c’est l’équivalent de repartir à zéro considérant que l’ensemble des groupes uqamiens ont été consultés sur une politique spécifiquement contre le sexisme et les violences à caractère sexuel.

Les limites d’un huis clos

Le nouveau comité permanent travaille en huis clos, ce qui n’était pas le cas du comité institutionnel. « Je comprends que ce sont presque les mêmes personnes qui sont sur le comité maintenant, mais […] on ne peut pas savoir ce qui se passe et si tous les dossiers sont repris, explique Stéphanie Thibodeau. Ça empêche les membres de remplir leur devoir de consultation. S’il y a des changements, on va être mis devant l’état des faits. »

Le comité institutionnel révisait la Politique 16 depuis 2014. Il a été aboli, laissant place à un nouveau comité plus restreint en nombre, appelé comité permanent et qui est chargé de compléter la politique avant le 30 janvier. L’ancien groupe est alors devenu un comité « aviseur », c’est-à-dire un comité sans pouvoir décisionnel auquel les nouveaux et les nouvelles membres peuvent s’adresser en cas de besoin.

Selon la déléguée étudiante, cette façon de procéder fait obstacle au processus collaboratif qui était prévu quand les travaux de révision ont commencé. Dans la même veine, Florie Dumas Kemp croit que c’est aussi le nouveau statut confidentiel du travail du comité qui met en question la transparence de l’administration.

« Comment une personne déléguée sur le comité peut être redevable à son organisation si elle ne peut pas vraiment communiquer les enjeux traités sur le comité ? », se questionne-t-elle.

Les personnes faisant partie du comité aviseur, soit de l’ancien comité, ont toutefois accès à tous les documents sur lesquels travaillent les nouveaux membres et peuvent intervenir s’ils et elles le veulent. « C’est un pouvoir important d’aviser et de conseiller. Le comité est restreint en nombre parce qu’il faut aller vite, mais il n’a jamais été question de bâcler », affirme la rectrice.

photo: ARCHIVES MONTRÉAL CAMPUS

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