CultureL’art de créer un film en 72 heures

François-Alexis Favreau12 octobre 20183 min

Défi créatif, autant sur le plan artistique que technique, le Kabaret Kino international 2018 s’est démarqué par la qualité singulière de chaque œuvre cinématographique. Ces courts métrages, d’une durée de six minutes, ont la particularité d’avoir été filmés en 72 heures.

Chaque mois, Kino Montréal soumet un défi aux cinéastes de la communauté Kino, des réalisateurs amateurs, mais aussi des jeunes professionnels et réalisateurs plus expérimentés. Ensemble, ils doivent créer leur équipe, écrire un script, distribuer les rôles, assurer la création sonore, visuelle et technique de leur projet, le tout sur trois jours.

Le directeur artistique de Kino Montréal, Jarrett Mann, compare l’exercice à « un band qui s’en va pratiquer dans un chalet sans avoir un producteur qui leur respire dans le cou ».

Au programme de la soirée d’hier, Jarrett Mann offrait une sélection de sept œuvres réalisées durant le Kabaret Kino international de mai dernier. Parmi les réalisateurs représentés se trouvaient Mei Fa Tan, originaire de Suisse, et Tobias Wieneke, d’Allemagne. « C’est l’expérience la plus professionnelle à laquelle j’ai participé », relate ce dernier, qui a pris part à quinze Kabaret Kino ailleurs dans le monde, notamment à Shanghai et à Tel-Aviv.

Les cinéphiles venus voir les courts métrages se sont retrouvés dans l’agora Hydro-Québec de l’UQAM. Dans une ambiance lounge, les spectateurs discutent des prestations qu’ils s’apprêtent à regarder. Les lumières sont tamisées et plus d’une soixantaine de sièges, de divans et de coussins sont mis à la disposition de l’auditoire, composé d’amateurs de cinéma, d’équipes de production des films, de membres du personnel de l’université, de curieux et d’enthousiastes de la scène culturelle montréalaise.

L’inspiration de l’artiste à l’écran

Tantôt comiques, tantôt dramatiques, les visions artistiques des candidats transparaissent dans leur œuvre. Pour ouvrir le bal, Wrong Door, de Olivier Gilbert, offre un scénario brillant et humoristique. Il met en scène une femme importunée dans sa propre maison par un drôle de vieillard.

Le court-métrage de Louis-David Jutras, Le garçon invisible, détonne en exposant le quotidien d’un jeune homme atteint d’une violente dépression. L’histoire raconte la descente tragique d’un jeune homme jusqu’à ce qu’il commette l’irréversible.

Alice Bédard enchaîne avec son film muet, Ballet, qui se démarque par une gestuelle mimique subtile et réussie. Une femme rencontre un dessinateur dans un café. Le rendez-vous est d’un romantisme touchant.

Tobias Wieneke offre une réflexion sur la place des femmes dans son projet intitulé Nice Guy, alors qu’un jeune homme expérimente une soirée au club dans un corps de femme. Pour sa part, Mei Fa Tan a mis les bouchées doubles dans son œuvre Time Machinery : la réalisatrice s’est donné le défi de mettre en scène deux époques au sein de son œuvre.

Le court métrage Dissoudre (se), de Julie de Lafrenière, débute dans un grand entrepôt désaffecté. Le plan initial évoque les thèmes du confinement et de la maladie mentale. « L’inertie, dans un grand lieu où tu as de la misère à te retrouver, est métaphorique de l’état dépressif [de la protagoniste] », élabore la réalisatrice.

Le festival SPASM, qui aura lieu du 18 au 27 octobre, présentera d’autres films de type kino et les inscriptions pour le prochain Kabaret Kino international auront lieu en janvier 2019.

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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