CultureLa genèse de la jeunesse

Florian Cruzille12 octobre 20182 min

Le réalisateur Philippe Lesage propose une interprétation intimiste, mais peu singulière, de l’amour à l’adolescence avec son dernier long métrage Genèse, présenté jeudi dans le cadre du Festival du nouveau cinéma (FNC).

Genèse raconte les déboires amoureux de Guillaume (Théodore Pellerin) et de sa demi-sœur Charlotte (Noée Abita). Le jeune homme, qui évolue dans une école secondaire pour garçons, doit apprivoiser l’attirance profonde et soudaine qu’il ressent pour son meilleur ami. Charlotte, quant à elle, se lance dans une exploration sociale pour tenter de retrouver l’amour après une rupture récente.

Malgré l’excellent jeu des acteurs, le long métrage n’arrive pas à se défaire des clichés des drames qui tentent de mettre en scène le premier amour. Guillaume est systématiquement mis à l’écart par ses camarades de classe à cause de son homosexualité et Charlotte ne peut s’empêcher de graviter autour de son ex-copain.

Théodore Pellerin offre une performance juste, variée et d’un naturel étonnant. Pour sa part, Noée Abita parvient à transmettre quantité d’émotions à travers ses expressions faciales et sa gestuelle, malgré que ses répliques donnent parfois l’impression d’être lues.

Perrier (Paul Ahmarani), l’enseignant d’histoire, vole la vedette avec son éloquence. Ses échanges en classe avec Guillaume donnent lieu à des dialogues qui apportent une dose de finesse et de légèreté à un scénario autrement assez peu coloré.

Le récit progresse en alternant entre des séquences de Guillaume évoluant dans son école secondaire et de Charlotte errant d’un bar à l’autre avec ses amies, les deux protagonistes principaux ne partageant l’écran qu’à deux reprises.

Illustrer l’adolescence

Genèse est porté à l’écran par une étiquette visuelle intéressante. À la direction photo, Nicolas Canniccioni offre des images méticuleusement composées qui gardent l’œil du spectateur occupé durant les plans-séquences dont le film est presque exclusivement constitué. Les personnages se déplacent naturellement dans chacun des plans, comme si on les avait captés sur le vif.

Une grande partie de l’action se déroule hors champ. Le réalisateur préfère pointer son objectif directement sur Guillaume ou Charlotte, ce qui permet au spectateur d’établir un lien fort avec le duo. Le contraste entre les péripéties des protagonistes est accentué par un choix stylistique simple, mais efficace. Les séquences avec Guillaume se déroulent en grande partie le jour, alors que celles de Charlotte, surtout la nuit.

La sensibilité des images se heurte à un scénario coutumier qui empêche Genèse de se mériter le rang de chef-d’œuvre, mais lui permet tout de même de rehausser le niveau de la sélection de films québécois du FNC.

photo: FUNFILM DISTRIBUTION

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