CultureDe la noirceur naît la beauté

Marguerite Morin5 octobre 20183 min

L’auteure-compositrice-interprète Safia Nolin, sacrée révélation de l’année à l’ADISQ en 2016, lance son troisième album Dans le noir, une œuvre apaisante, au spleen folk hypnotique, qui expose une fragilité et une mélancolie brute.

Trois ans depuis son premier opus Limoilou et après avoir prêté sa voix pour réinventer quelques succès québécois sur son album Reprises Vol. 1, Safia Nolin revient en force avec treize nouvelles chansons originales. Tout en conservant la signature musicale planante de l’artiste, Dans le noir est une œuvre sombre, comme son titre l’indique, très intime de par sa simplicité et son authenticité.

Cet album très personnel met la lumière sur la vulnérabilité et la fragilité de l’être. Il s’agit d’un voyage privilégié au cœur de l’intimité de Safia Nolin. Équilibrée et homogène, cette œuvre propose des arrangements musicaux de guitare acoustique familiers et simples qui se conjuguent à merveille avec la prose directe et la voix pure et feutrée de l’artiste.

Ode à la mélancolie

« Ce soir, c’est jour de fête / Je passe par les chemins oubliés / Tant que la mort n’est pas loin / Je pourrai passer », chante-t-elle dans Les chemins. Safia Nolin y exprime sa déprime, mais aussi l’acceptation de ce chagrin qu’elle assume aujourd’hui.

Cet album est la trame sonore d’une tempête mélancolique. Voguant entre la mort, le mensonge, l’amour, l’absence d’un père, l’apparence et la laideur, Safia Nolin présente des thèmes sombres, mais de façon à exposer l’espoir, qui peut s’entendre par les émotions transmises par sa voix.

Pour la première fois, elle troque le français pour l’anglais et collabore avec la chanteuse canadienne La Force. « Gone is the light from you / and I – /  I can’t barely breathe / It’s suffocating / Me and all my friends are tired of this shit / I will find the way for this to sink in », raconte la piste Lesbian Breakup Song. Les deux voix, qui se marient naturellement avec la guitare acoustique, chantent la peine d’amour avec une simplicité rassurante et très émotive.

 

Une intimité familière

Du crépitement d’un feu en passant par les rires, le chant des oiseaux, les craquements d’un plancher jusqu’au son familier du métro en guise de conclusion de la chanson Bye : les pistes sont agrémentées d’effets sonores familiers, voire rassurants. Ils contribuent grandement à la création d’une l’ambiance intime et envoûtante au fil de l’écoute.

C’est surtout le côté naturel et brut de l’œuvre qui ressort lors de l’écoute. Le grain de l’enregistrement sur bandes analogiques et la justesse imparfaite de certains accords ajoutent à l’ambiance authentique de ces chansons.

Safia Nolin vise plus haut que son précédent opus avec des thématiques dures et noires, mais la poète ténébreuse persévère dans son obscurité pour finalement y trouver sa lumière.

Dans le noir est disponible dès aujourd’hui et le public montréalais pourra voir Safia Nolin en spectacle au théâtre Outremont le 18 octobre prochain.

photo: JEAN-FRANÇOIS SAUVÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

À lire aussi

Le journal indépendant des étudiantes et des étudiants de l'UQAM depuis 1980

Les Éditions Montréal Camping inc. Tous droits réservés.