Élections 2018SociétéLa justice à la Kumuyange

En cette campagne électorale, le Montréal Campus s’est entretenu avec des anciens étudiants de l’UQAM maintenant candidats pour les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale. Aujourd'hui, Québec solidaire.
Camille Robillard27 septembre 20183 min

Né au Rwanda, le candidat pour Québec solidaire dans D’Arcy-McGee, Jean-Claude Kumuyange, se bat contre les inégalités sociales auprès de la population québécoise et des nouveaux arrivants. Pour sa première campagne électorale, son objectif est simple : ouvrir la porte aux changements dans cette forteresse libérale.

La variété de diplômes qu’il possède confirme ses dires : il est un « intellectuel ». Son baccalauréat en criminologie à l’Université de Montréal, celui en sociologie à l’UQAM et sa maîtrise en politique de l’immigration témoignent notamment de son mépris de l’ignorance. « Je m’engage en politique notamment pour contrer celle des gens. C’est cette ignorance qui crée la colonisation de l’esprit, soit notre capacité à assimiler ce que les autres racontent sans les remettre en question », indique Jean-Claude Kumuyange.

L’égalité au cœur de sa campagne

Sous la bannière de Québec solidaire, celui qui a travaillé auprès d’orphelinats en Afrique et de jeunes Québécois comme intervenant cherche à assouvir sa soif de justice. « Québec solidaire pour moi, c’est la porte, c’est l’avenir. C’est le champ que toutes les sociétés occidentales devraient avoir […] parce que si on investit dans les machines plutôt que dans l’humain, on se perd », continue-t-il.

Dans sa circonscription, il souhaite notamment combattre la crise de logements qui engendre des maladies respiratoires graves chez les citoyens. « Les problèmes de moisissure et d’insalubrité qu’il y avait en 2012 sont encore présents en 2018, c’est inacceptable », soutient le Rwandais.

La reconnaissance des diplômes est également un enjeu qu’il considère comme prioritaire. Selon Jean-Claude Kumuyange, « cette reconnaissance accroît nécessairement l’accès à l’emploi, elle forge une identité. Si tu n’as pas d’emploi, tu ne peux pas être libre économiquement, tu ne peux pas avoir d’impact sur la société. » Ce changement est pour lui fondamental à l’intégration des nouveaux arrivants.

Même si le parti qu’il représente réclame la souveraineté, le candidat de Québec solidaire n’en fait pas son cheval de bataille. Conscient de la peur des citoyens associée à cette initiative, il préfère vendre l’idée d’une indépendance individuelle, économique et sociale.

Du sport à la politique

Anciennement Citadin pour l’équipe masculine de soccer, le candidat transmet ses valeurs sportives à son univers politique. « La discipline et le travail, c’est primordial. Sans la discipline, on ne peut rien faire et sans travail, on ne peut pas atteindre le succès », affirme-t-il en invitant les citoyens à voter pour eux-mêmes et non pour lui.

« Le seul adversaire que nous avons dans tous les sports, c’est nous-même. […] Je n’ai pas toujours réussi, mais même dans mes défaites, j’apprenais. C’est ça aussi le succès », continue celui qui se considère sportif et optimiste de naissance.

Même si le comté D’Arcy-McGee est majoritairement libéral depuis plusieurs années, M. Kumuyange ne porte pas attention aux sondages, qui lui assurent une défaite. Pour lui, ce qui compte, c’est plutôt le nombre de personnes qu’il réussit à atteindre.

« Ça ne me dérange pas de me mouiller, de me rouler dans la boue. L’important pour moi, c’est que l’on avance tout le monde ensemble. Si on arrive à en convaincre dix de voter pour nous, ce sera dix personnes de plus qui sont ouvertes aux changements. C’est une victoire en soi », assure-t-il.

photo: FRANÇOIS CARABIN MONTRÉAL CAMPUS

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