Élections 2018SociétéSonya Cormier : tirer le centre vers la gauche

En cette campagne électorale, le Montréal Campus s’est entretenu avec des anciens étudiants de l’UQAM maintenant candidats pour les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale. Aujourd'hui, la Coalition avenir Québec.
Catherine Lafortune25 septembre 20183 min

Après avoir travaillé pour la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Carrefour jeunesse-emploi et des organismes luttant contre l’itinérance à Montréal, Sonya Cormier se lance maintenant en politique dans Rosemont sous la bannière de la Coalition avenir Québec.

La circonscription de Rosemont est cette année l’hôte d’une chaude lutte. Le « candidat-vedette » de Québec solidaire (QS), Vincent Marissal, ainsi que le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, sont au coude-à-coude. Si les deux ex-journalistes retiennent beaucoup l’attention, la candidate caquiste tente de tirer son épingle du jeu.

Selon le site Web de projections électorales Qc125.com, les candidats du Parti québécois et de Québec solidaire obtiendraient environ 31 % des intentions de vote actuelles dans la circonscription. Sonya Cormier, elle, recueillerait environ 17 % des voix rosemontoises.

La candidate de la CAQ trouve surtout difficile d’avoir sa part de visibilité à côté de ses principaux adversaires. « J’ai deux éléphants, deux journalistes [contre moi] », explique-t-elle.

Sonya Cormier espère qu’au-delà des idées générales associées aux différents partis, les électeurs de Rosemont s’attardent à l’identité propre des candidats. « Si on regarde mon CV, c’est moi qui ai celui le plus à gauche des candidats de Rosemont », ajoute-t-elle. « Moi, j’ai choisi de me présenter dans Rosemont parce que je suis de Rosemont. Je veux le faire, je vais me battre contre Lisée et Marissal. »

Communautaire et social

La femme de 43 ans avait songé enseigner les communications à l’université, mais « la vie l’a [plutôt] amenée dans le milieu social et communautaire », dit-elle.

Son intérêt pour la politique a été piqué alors qu’elle était directrice générale de Plein milieu, un organisme venant en aide aux personnes en situation d’itinérance et aux utilisateurs de drogues. En 2014, l’organisme a décroché la médaille de l’Assemblée nationale, remise par Amir Khadir, alors député de QS dans Mercier. Ses discussions avec M. Khadir font découvrir à Sonya Cormier un monde dans lequel elle finira par s’engager elle-même.

Toutefois, les idées de QS n’ont pas convaincu la mère de famille. « J’ai exploré, j’ai été membre de Québec solidaire, mais je suis plus au centre. C’est dans les manières de faire les choses. Leur mission est louable, c’est juste que moi j’aime travailler en grand partenariat. Il faut avoir un équilibre », résume-t-elle.

Un parti plus « pragmatique »

En mai 2018, la CAQ annonce Sonya Cormier comme candidate dans Rosemont. Si, de prime abord, l’affiliation d’une candidate d’abord introduite au milieu politique par les idées solidaires avec le parti de François Legault pouvait sembler contre-intuitive, Mme Cormier y voit plutôt la manifestation même de l’identité de son parti. « C’est une coalition qui regroupe des gens de tous les horizons, qui veut bien faire, faire avancer le Québec pour l’intérêt des Québécois et Québécoises […] dans une perspective où on travaille ensemble en complémentarité », observe-t-elle.

La candidate précise que la fibre « entrepreneuriale » de son parti « ne veut pas dire qu’il n’a pas de valeurs sociales ». Elle-même entrepreneure à une époque, Mme Cormier avait fondé en 2006 le café Olive & Café noir, situé sur Beaubien.

Sur le sujet de l’appartenance au parti, elle relance aussi son adversaire, Vincent Marissal, ancien journaliste à La Presse, qui représentera QS dans le comté. « Autant eux autres peuvent se poser des questions sur mon cas, qui est : “du social, pourquoi la CAQ ?”, que moi je me pose des questions sur leur cas », lance-t-elle.

photo: CATHERINE LAFORTUNE MONTRÉAL CAMPUS

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