Élections 2018SociétéLe Bloc Pot « plus pertinent que jamais »

Camille Foisy19 septembre 20184 min

Un nombre record de candidats et une ligne de parti claire contre les lois qui régiront le marché du cannabis : le Bloc Pot ainsi que son porte-parole Hugô St-Onge n’ont pas le sentiment du devoir accompli avec la légalisation du cannabis, loin de là.

Célébrant son 20e anniversaire, le Bloc Pot est plus motivé que jamais pour les élections provinciales du 1er octobre, malgré la légalisation imminente du cannabis au Canada. Ce qu’ils revendiquent cette année ? « La prohibition doit être abolie. On doit retirer le cannabis du Code criminel », explique M. St-Onge.

Se battant depuis 1998 pour une décriminalisation de la marijuana, le parti est particulièrement critique face à la loi C-45 sur la légalisation du stupéfiant. Le programme du parti va jusqu’à dire que la légalisation canadienne n’est rien d’autre qu’une prohibition revisitée du cannabis.

« Ce sont 45 articles qui ont été ajoutés au Code criminel avec la C-45 », soutient Hugô St-Onge. Selon lui, certaines peines deviendraient même plus sévères avec ceux-ci.

Le politologue à l’Institut de recherche et d’information socio-économiques (IRIS) Philippe Hurteau, croit que c’est entre autres au provincial que le Bloc Pot prend tout son sens. Les intérêts du parti permettraient « de mettre la pression politique nécessaire pour porter un regard sur des enjeux sans réponse pour l’instant », souligne-t-il.

Pour la nouvelle candidate au Bloc Pot Camille Piché-Jetté, le parti a pour fonction de « sonner l’alarme des incommodités de la législation qui s’en vient, d’être un peu les chiens des stoners d’une loi qui est faite toute croche en ce moment. »

Une loi peu profitable

Hugô St-Onge déplore qu’aucune consultation n’ait été faite auprès du Bloc Pot, même si ce dernier a tenté de prendre contact avec le gouvernement Trudeau à multiples reprises lors de l’élaboration de la loi. Un élément qui rend Hugô St-Onge particulièrement amer, considérant la position historique des principaux partis face au cannabis. « Tous ceux qui, depuis 40 ans, disent qu’il faut une prohibition du cannabis pour protéger les jeunes et combattre le crime organisé sont les mêmes qui sont derrière la légalisation », soutient-il.

Il faut tout de même faire la part des choses, selon Philippe Hurteau. « La légalisation n’a pas pour objectif de faire la promotion du cannabis, comme on trouverait un peu étrange que le gouvernement mette en place une loi qui fasse la promotion de la cigarette ou de l’alcool », précise-t-il.

Pour Hugô St-Onge, le gouvernement fédéral crée autour du cannabis un oligopole similaire à celui du tabac, ce qui empêchera les amateurs de contribuer aux nouveaux marchés. « La nouvelle législation nous garde dans une situation de dépendance du système capitaliste gouvernemental ou une situation d’illégalité. Il n’y a pas de possibilité d’être indépendant dans sa consommation », complète Camille Piché-Jetté.

Il faut voir la nouvelle loi fédérale du point de vue du citoyen moyen, selon le chercheur à l’IRIS. « Il y a beaucoup de gens qui sont inquiets face à la légalisation, ils ont peur que la société se mette à consommer davantage », observe-t-il.

Une loi aussi flexible que le suggère le Bloc Pot ne passerait probablement pas au vote populaire, selon M. Hurteau. La législation provoquera une normalisation au cours des prochaines années qui permettra ensuite à la loi de s’assouplir, complète M. Hurteau.

Au-delà du cannabis

Réaliste, Hugô St-Onge sait bien que son parti n’accédera jamais au pouvoir. Les élections représentent plutôt pour lui une occasion de manifester pour ceux qui refusent de donner leur appui aux principaux partis.

« On est dans une position où on peut être extrêmement critique et apporter des réflexions qui dépassent l’idée de se faire élire et de garder le pouvoir », explique le porte-parole du parti. La nouvelle législation leur a d’ailleurs ouvert la voie pour réfléchir à des enjeux qui s’éloignent de leurs lignes originelles.

Meilleure séparation des pouvoirs, création d’une organisation responsable de surveiller les activités de l’État et une plus grande égalité entre les classes sociales, le Bloc Pot profite de ses votes et des profits qui en découlent pour réfléchir et critiquer le système en place.

C’est d’ailleurs ce qui a attiré Camille Piché-Jetté au parti. « En dehors du Bloc Pot, je me considère juste comme arnacho-capitaliste. […] Je trouve que ce qui fait la force du parti, c’est que c’est une parodie, une organisation ludique qui permet d’observer comment le système électoral fonctionne. » Elle ajoute que si ce n’était pas de la neutralité du Bloc Pot, elle ne s’appliquerait dans aucun parti sur la scène provinciale.

Malgré les critiques et remises en question, le Bloc Pot présentera, le 1er octobre, 40 candidats et des propositions différentes des idées présentées dans le passé.

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

  • marc sazeirat

    26 septembre 2018 at 13:40

    quel bel exemple du capitalisme effronté de nos élus tout un chacun légifere dans son village comment les canabinoides seront tolérés c’est de la politique de récupérateurs,autant radicaux que modérés,on dirait que l’on légifere sur le virage a droite ça s’appelle de l’effet de BEDAINE!! AUTREMENT DIT de la récupération éléctorale nous voterons pour vous ne serait ce que pour avoir fait notre devoir ,«PS il sera toujours cultivé comme avant !et les bien pensants (paieront des taxes pour des hélicos ,des trufes de cabots,et on fait comment pour accuser un contrevenant aux lois fédérales provinciales , municipales etc etc bonne réfléxion!!

    La

  • Jean-Patrick Berthiaume

    27 septembre 2018 at 00:53

    Bonjour, je dois vous indiquer que monsieur Hugo St-Onge est le porte parole du parti et non le chef, car je suis devenus le chef-coach en 2017.
    Vous remerciant d’avance pour l’erreur que vous saurez corriger, je vous souhaites une belle et cannabinacée fin d’élections.

    La

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