UQAMUne intégration vertigineuse pour les étudiants étrangers

Olivier Faucher Olivier Faucher1 septembre 20184 min

Les étudiants étrangers font face à une intégration académique souvent éprouvante. En dépit de leur méconnaissance des exigences québécoises, ceux-ci doivent se soumettre aux mêmes règles que les autres étudiants.

Au-delà de la langue, du mode de vie et de la culture, les étudiants étrangers frappent parfois un mur lorsqu’ils assistent à leurs premiers cours universitaires.

« Le premier trimestre est très difficile pour eux, affirme la directrice du service d’accueil et du soutien socioéconomique des Services à la vie étudiante (SVE) de l’UQAM Maria Dolores Otero. Ils ne connaissent pas notre système académique et nos exigences. »

Maria Dolores Otero souligne que les professeurs tiennent de plus en plus compte des incompréhensions singulières de cette catégorie d’étudiants. Cependant, elle concède que l’habileté d’un professeur à venir en aide à un étudiant étranger « dépend de ses compétences pédagogiques et de sa nature humaine ».

À l’automne 2017, on dénombrait 3575 étudiants étrangers, incluant les étudiants en échange et libres, parmi les 41 580 Uqamiens.

Bien que bon nombre de professeurs soient ouverts à l’idée d’aider les étudiants étrangers, ils ne sont pas plus indulgents avec eux qu’avec les autres étudiants lors des évaluations. « Les étudiants étrangers doivent répondre aux mêmes règles, règlements et politiques que tous les étudiants dans la poursuite de leurs cours », informe la directrice des relations de presse de l’UQAM Jenny Desrochers.

« Je n’ai pas bénéficié de traitement de faveur, dit Lionel Corilla, étudiant parisien qui a séjourné pendant au Québec en 2015. Un de mes professeurs a proposé de rencontrer les étudiants étrangers ou en échange pour nous expliquer certaines particularités. »

Ce dernier a toutefois préféré la culture d’enseignement au Québec par rapport à celle de son pays d’origine. « Les professeurs sont des gens comme toi et moi à qui tu peux parler. Pas des êtres surnaturels comme en France », indique-t-il.

« Ce sujet n’a pas été abordé, au sein du syndicat, depuis que je m’y implique, a indiqué dans un courriel au Montréal Campus le président du Syndicat des professeurs et professeures de l’UQAM (SPUQ), Michel Lacroix. Il faut dire qu’il n’y a aucun moyen, pour un professeur, de savoir quel est le statut d’un étudiant [étranger ou québécois]. »

Une adaptation en dents de scie

Plusieurs ateliers d’intégration sont offerts aux étudiants étrangers. Ils sont « facultatifs, mais fortement recommandés », insiste Maria Dolores Otero.

Outre les ateliers qui permettent aux étudiants de mieux organiser leur grille horaire et être davantage méthodiques, ils sont confrontés à des enjeux académiques déterminants. Le plagiat est une notion souvent incomprise par les étudiants étrangers.

« Lorsqu’ils paraphrasent des auteurs, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de plagier, remarque Chantal Gamache, formatrice pour étudiants étrangers à l’UQAM. Pour eux, recopier les mots exacts, c’est bien faire. »

« Pour être franc, j’ai appris cette notion à l’UQAM, dit Lionel Morilla. Dès mon arrivée, on nous a vite mis dans le bain pour nous expliquer ce qu’était le plagiat et son importance. »

« Pour ce qui est des auteurs et des citations, c’était plus compliqué, mais je n’ai jamais eu de problème au final », affirme Oussama Ibnezaid Cissé, originaire du Maroc et étudiant en psychologie depuis 2013.

Briser la solitude

Malgré le support offert par l’UQAM, il n’est pas rare que l’étudiant étranger tarde à aller chercher de l’aide puisqu’il « est souvent une personne solitaire qui n’entre pas de façon naturelle en contact avec les autres », souligne Maria Dolores Otero.

« Lorsqu’ils ont une infraction académique, ils viennent chercher notre aide, mais on tente de les aider en amont », indique Chantal Gamache.

Ce fut le cas de Oussama Ibnezaid Cissé lors de ses débuts à l’UQAM. « Au départ, je ne savais pas où chercher de l’aide, dit Oussama Ibnezaid Cissé. Ça n’a pas été évident pour moi. La première aide m’est venue de mes amis et avec le temps, j’ai pu mieux connaître mon entourage et trouver où chercher de l’aide. »

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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