SociétéJour 2 de perturbations au G7 : ambiance de fête malgré une répression policière

Marguerite Chiarello9 juin 20184 min

QUÉBEC – Une ambiance festive régnait tout au long de la journée de perturbation ayant pour but de s’opposer au sommet du G7, hier. Malgré leurs actions pacifiques et un climat de joie, les manifestants ont tout de même été réprimés par les forces policières.

La première action de la journée a commencé dès 8 h 10 alors que les manifestants s’opposant au G7 se sont réunis à Beauport dans le but de perturber la circulation en direction de la Malbaie, où a lieu le sommet.

La police bloquant le chemin au groupe de manifestants dès leur entrée sur la route 138, ces derniers ont été forcés de faire demi-tour pour ensuite être bloqués à l’angle de la rue suivante. Cette incapacité de progresser au-delà des frontières policières a cependant été tournée au ridicule par les manifestants qui scandaient « comme le G7, on tourne en rond ».

Vers 8h25, la police déclarait déjà la manifestation illégale puisque son itinéraire n’avait pas été remis. Les manifestants sont restés sur place pendant quelque temps avant de se disperser en petits groupes.

Malgré la courte durée de cette action, Alexandre*, un manifestant, se disait tout de même satisfait. « L’intention politique a une pertinence plus grande que le résultat des actions », soutient-il.

« Le fait qu’on soit là aujourd’hui, ça démontre qu’il y a toujours une opposition aux projets du G7 », poursuit-il.

Perturbation policière d’un rassemblement festif

Une seconde perturbation a eu lieu vers 11 h 30, alors que les manifestants s’étaient donné rendez-vous à la place D’Youville afin de tromper les policiers. Des petits groupes de manifestants quittant la place peu à peu se sont réunis sur l’avenue Honoré-Mercier pour bloquer la circulation entre la rue des Sœurs-de- la-Charité et la côte de la Potasse.

Armé de divans, de chaises de parterre et de leurs bannières, le groupe qui s’oppose au G7 a maintenu sa position pendant un peu plus de dix minutes. Les manifestants ont quitté les lieux après avoir incendié un des divans et une bannière qui se trouvaient au milieu de la rue.

Cette courte action, considérée comme une réussite par les manifestants, a été suivie d’une marche dans les rues du secteur.

Un homme et sa guitare électrique mettaient une ambiance festive dans le groupe qui dansait et chantait, un sourire accroché aux lèvres. Aucun policier ne semblait suivre le groupe de manifestants dans les rues de Québec.

« On peut voir que c’est la police qui fait de la répression et c’est ça qui met le feu aux poudres. C’est pour ça que certains manifestants usent de la violence pour repousser les policiers, mais en ce moment, pas de police, une belle manif, en paix », s’enthousiasme Édouard*, un militant heureux du déroulement de la manifestation.

Peu après, un groupe de policiers anti-émeute scindait la manifestation en deux alors qu’elle évoluait sur la rue Saint-Jean.

Malgré le regroupement d’un bon nombre des manifestants à la suite de leur division, le mouvement a fini par s’essouffler. Les manifestants partaient en petits groupes dans des sens différents au moment où les policiers ont pris en souricière quelques individus qui quittaient les lieux par le biais d’une ruelle. Quelques personnes de ce groupe ont été arrêtées pour attroupement illégal.

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Les prisonniers du parc

Vers 15 h 20, les militants se sont regroupés à l’entrée des Plaines d’Abraham pour fouler le pavé de l’avenue Wilfrid-Laurier.

Le groupe, talonné par les policiers anti-émeute, s’est rendu par la suite sur les Plaines d’Abraham, créant un regroupement de gens disparate dans cette grande étendue de pelouse verte.

Certains commençaient déjà à quitter quelques minutes après leur entrée dans le parc quand un véhicule de la Commission des champs de bataille nationaux s’est retrouvé coincé à cheval entre un fossé et le chemin asphalté par mégarde de la part de son conducteur.

Cette situation amusant les manifestants encore sur place, ceux-ci se sont regroupés autour du véhicule qui avait été déserté par son conducteur et son passager.

Deux minutes ont suffi aux policiers anti-émeute pour intervenir et protéger le véhicule, qui n’était pas menacé par les manifestants. À partir de ce moment, les policiers anti-émeute encerclaient peu à peu les militants pour finalement les enclaver au milieu de centaines de policiers qui ne les laisseraient s’échapper de cette souricière que 30 minutes plus tard.

Les nombreuses demandes des manifestants à savoir pourquoi ils ne pouvaient pas sortir du parc n’ont pas obtenu de réponse de la part des dirigeant du corps policier.

Cette action de perturbation, comme celles qui ont eu lieu plus tôt dans la journée, a été marquée par une répression policière envers les manifestants alors que les événements s’étaient toujours déroulés dans le calme et sans violence.

* Nom fictif. Cette personne désire préserver l’anonymat par mesure de sécurité.

photo : SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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