À la uneCultureLydia Képinski renaît avec son premier album

Camille Avery-Benny5 avril 20183 min

Premier juin : date de naissance de Lydia Képinski et titre de son premier album paru le 3 avril qui, ironiquement, aborde principalement le thème de la mort. L’oeuvre magnifiquement ficelée comprend huit pièces saisissantes aux airs pop, rock et électro, ainsi que des mots qui ne manquent pas de vaillance.

Sans crier gare, Lydia Képinski a publié une version numérique de son premier album, Premier juin, qu’elle lancera officiellement à pareille date au Centre Phi.  Deux ans après la sortie d’un premier EP corrosif, la lauréate de la dernière édition des Francouvertes dévoile des textes tragiques et touchants.

Pendant 39 minutes, l’humour noir se mêle à la plume inventive de l’auteure-compositrice-interprète, qui aborde de manière imagée des thèmes lourds tels que les relations abusives, la maladie mentale et les idées noires. « Si jamais y me pousse des ailes/C’est que j’aurai coulé ma vingtaine », raconte-t-elle sur la chanson Pie-IX.

Odyssée musicale

Si le marasme est omniprésent dans les textes de Lydia Képinski, les mélodies entraînantes contrastent parfois avec la noirceur des paroles, comme sur Maïa, Sur la mélamine ou sur la pièce éponyme de l’album, où le rythme électro-pop s’allie au refrain accrocheur. L’album comprend également des combinaisons alternatives plus sombres rassemblant la guitare électrique, la basse, les percussions, le synthétiseur et le violon.

Les routes indolores, Belmont et Pie-IX, d’abord épurées, deviennent progressivement plus épiques et témoignent du talent de compositrice de l’artiste. L’ingéniosité de l’album réside dans la trame dramatique des chansons, judicieusement élaborées aux côtés du réalisateur Blaise Borboën-Léonard.

Belmont, qui débute par des arrangements minimalistes combinés à la voix rassurante de l’interprète, se solde par une finale où l’ambiance quasi psychédélique est illustrée par une mélodie d’accordéon qui rappelle la musique d’un carrousel. L’artiste tire sa dernière ligne, « Emmenez-moi au parc Belmont », de Diane Dufresne, pour qui le regretté parc d’attraction de Cartierville représentait une échappatoire à la maladie mentale.

Ce que l’on pourrait reprocher à la musicienne, c’est de n’avoir produit que huit morceaux sur ce premier album brillamment livré. Il faut néanmoins préciser qu’il s’agit de longues chansons — seulement deux font moins de quatre minutes — bien fournies en rimes déstabilisantes.

Que ce soit par sa voix qui se déploie en harmonies poignantes ou par ses pauses instrumentales riches, Lydia Képinski témoigne d’une grande maturité sur Premier juin. Elle aura de quoi faire frissonner la foule du Centre Phi lors de son 25e anniversaire, le 1er juin prochain, alors que son album sera distribué sous la forme d’un livre.

 

photo : GRACIEUSETÉ DE LYDIA KÉPINSKI

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