À la uneCultureRedéfinir l’art lyrique

Laurence Philippe Laurence Philippe15 mars 20183 min

Bien qu’aucun baccalauréat en chant classique ne soit offert à l’UQAM, contrairement aux universités McGill et Laval, les possibilités de percer en tant que chanteur d’opéra sont tout de même envisageables pour les étudiants en musique.

L’UQAM, qui offre une concentration en pratique artistique au baccalauréat en musique, permet aux étudiants de ce programme de personnaliser leur cursus en choisissant leur spécialisation. Certains cours en chant classique sont ainsi proposés afin de permettre aux jeunes adultes passionnés d’opéra de diriger leurs études dans cette voie.

« L’avantage, pour un étudiant de l’UQAM [qui se spécialise] en chant classique, c’est qu’il va recevoir une formation qui va l’inviter à se considérer comme un artiste à diverses compétences », mentionne la chargée de cours en chant classique de l’UQAM Marie-Annick Béliveau. Elle explique que les étudiants sont encouragés à suivre des cours en musique, mais aussi en théâtre et en danse afin de diversifier leur formation.

Le baccalauréat, qui offre une heure de cours privé par semaine, permet à l’étudiant d’étudier le répertoire musical qui l’intéresse, soit le chant classique dans ce cas-ci. Les professeurs sont polyvalents et ont une belle ouverture d’esprit, pense la diplômée de l’UQAM en 2016 spécialisée en chant classique Émilie Versailles.

« Tous les étudiants ont un cheminement assez différent, mais c’est même vu comme étant un atout. L’enseignement est adapté afin que les étudiants puissent définir leur parcours », ajoute Mme Béliveau.

Tailler sa place

Un chanteur d’opéra doit développer beaucoup d’entregent et de créativité, souligne la directrice de l’atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, Chantal Lambert. Cet atelier, qui offre chaque année une dizaine de stages en chant lyrique à de jeunes diplômés universitaires, est l’une des portes d’entrée dans la profession de chanteur d’opéra. « Ce stage est reconnu pour la professionnalisation du jeune et non la prolongation du cursus universitaire », ajoute-t-elle.

L’UQAM ne possède toutefois pas de studio d’opéra dans son Département de musique, qui permettrait aux étudiants d’acquérir ce genre d’expérience. L’Université a néanmoins mis sur pied un projet de fin d’études dans son programme en pratique artistique afin que les finissants créent leur propre spectacle. Le but de ce projet est de permettre aux étudiants d’élargir leurs compétences, notamment en ce qui concerne la production, un volet qui requiert plusieurs stages et emplois à la sortie du baccalauréat.

« Un diplômé de l’UQAM n’aura pas nécessairement une expérience dans l’interprétation d’un opéra, mais va monter un spectacle qui est plus interdisciplinaire », soutient la chargée de cours Marie-Annick Béliveau.

L’étudiant a le devoir de déployer les efforts nécessaires pour se définir en tant qu’artiste, croit la diplômée Émilie Versailles. Sa spécialisation en chant classique lui a permis de démarrer sa compagnie, Opéra Outside the Box, qui met sur pied de courts opéras contemporains. « Le projet de fin d’études offre la possibilité de se poser des questions en tant qu’artiste. Ça m’a fait découvrir une vision artistique qui n’est pas uniquement centrée sur l’opéra », explique-t-elle.

Si certaines universités proposent un baccalauréat en chant classique, c’est surtout la personnalité, le répertoire musical et l’expérience de chaque artiste qui lui permettra de percer dans le métier, concluent les trois intervenantes.

 

photo : MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS

Marie-Annick Béliveau enseigne le chant classique à l’UQAM.

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