À la uneSociétéUn marathon technologique au service de la justice

Laurence Philippe Laurence Philippe26 février 20183 min

Des professionnels et des étudiants du milieu juridique, des sciences techniques et de la gestion étaient de passage au Global Legal Hackathon de Montréal, la fin de semaine dernière, afin de développer des solutions technologiques pour améliorer la pratique du droit et l’accès à la justice.

Le marathon technologique, qui se déroulait simultanément dans 40 villes autour du monde, est reconnu pour être le premier hackathon juridique d’envergure mondiale. À Montréal, il a été accueilli au Coeur des sciences par la Faculté de science politique et de droit de l’UQAM.

Guidés par des mentors spécialisés en technologie, en droit ou en affaires, environ 40 participants ont combiné leurs connaissances afin de mettre au point des idées entrepreneuriales dans le domaine du droit.

L’objectif du Hackathon est que les logiciels, les plateformes et les outils imaginés soient viables et puissent être développés à long terme. « Les équipes passent par un processus d’apprentissage de ce que c’est d’être un entrepreneur, de développer une compagnie, un modèle d’affaires et d’acquérir une clientèle », explique l’une des membres du comité organisateur de l’événement à Montréal, Tessa Manuello.

Le Global Legal Hackathon a préalablement dressé des enjeux précis sur lesquels les participants pouvaient tenter de s’attaquer. Offrir un service de sous-traitance qui s’assure que les conditions générales d’un contrat de consommation soient compréhensibles pour tous ou améliorer les conditions d’accès à la justice pour les personnes à faible revenu font partie des solutions proposées.

Encourager la coopération

La courte période de temps sur laquelle se déroule l’événement, soit deux jours et demi, vise à rassembler des acteurs de différents milieux professionnels et universitaires. « On utilise le temps comme contrainte pour favoriser rapidement l’innovation en réunissant plusieurs personnes sur place qui ne seraient pas ensemble autrement », mentionne le doyen de la Faculté de science politique et de droit de l’UQAM, Hugo Cyr.

La multidisciplinarité des participants du Hackathon encourage les solutions concrètes, pratiques et viables, puisque tous les aspects des projets sont analysés. « Souvent, les juristes ne sont pas en contact avec les informaticiens, les gens en design ou ceux en marketing. Ça offre une nouvelle façon de voir les problèmes et de trouver des solutions », ajoute-t-il.

Les participants ont remarqué un fort esprit de collaboration durant la fin de semaine de l’événement. « Si on reste seulement entre juristes, on ne sera jamais capable de développer une solution technologique parce qu’on ne voit pas tous les aspects du projet. C’est la pluridisciplinarité qui rend l’événement si intéressant », explique la participante Marie Dupuis.

Elle ajoute que le Hackathon présente des modèles d’entrepreneuriat concrets, le programme de droit de l’UQAM n’offrant pas de cours sur le développement d’entreprise. « On reçoit les conseils de gens qui travaillent dans ce milieu et qui nous expliquent comment réussir à monter une entreprise qui peut devenir profitable pour la communauté », mentionne-t-elle.

Même si l’événement se voulait d’abord une compétition, les participants n’ont pas hésité à s’entraider tout au long de la fin de semaine. « L’esprit en est surtout un de collaboration et de coopération. Les gens cherchent à s’entraider pour développer quelque chose », souligne Hugo Cyr. Il explique que le meilleur moyen pour les participants de trouver des solutions est de partager leurs connaissances afin de favoriser un meilleur accès à la justice au Québec.

 

photo : FLORIAN CRUZILLE MONTRÉAL CAMPUS

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