À la uneCultureFrançois Bourassa : le jazz en toute humilité

Jérémie Lachance19 octobre 20174 min

Après un peu plus de trente ans à brûler les planches au Québec et à l’international, François Bourassa peut se targuer d’être l’un des grands musiciens de jazz du Québec. Après un neuvième album sorti le 11 octobre dernier, le pianiste québécois et chargé de cours à l’UQAM a accepté de revenir sur sa longue carrière avec le Montréal Campus.

Il est 12h36. François Bourassa est confortablement assis dans la loge du Cabaret Lion d’Or, pendant que les techniciens s’affairent à la préparation de la scène. Il surprend par son calme, lui qui se produira pourtant le soir même.

Avec un sourire, François Bourassa revient sur ses débuts ainsi que sur les évènements qui l’ont poussé à se consacrer entièrement au piano vers la fin de son adolescence. « J’ai commencé à écouter des groupes de rock progressif comme Emerson, Lake and Palmer, Genesis… Alors, ça m’a donné le goût de revenir au piano », explique celui qui avait auparavant délaissé cet instrument pour la guitare. À l’École de musique Vincent-d’Indy, il étudie le piano classique. Il poursuit ses études en composition à l’Université McGill et termine une maîtrise en jazz à Boston.

C’est lors de son passage universitaire qu’il fonde son premier trio. « C’était avec deux amis de Sorel. J’ai commencé à faire des compositions et à jammer dans le sous-sol de chez ma grand-mère », dit-il en comparant son groupe à un « band de garage ».

Premiers succès

En 1985, la carrière professionnelle de François Bourassa prend son envol. Le Festival de Jazz de Montréal organisait annuellement un concours ayant comme objectif d’honorer la formation canadienne de jazz qui s’était le plus illustrée. « On a décidé de participer au concours sans attentes, et puis nous avons gagné, se remémore le pianiste. Ça a été un très bon coup de pouce », enchaîne-t-il. En effet, une partie du prix consistait en un contrat d’enregistrement avec Radio-Canada. C’est ainsi qu’il a pu enregistrer le premier de ses huit albums.

Depuis, en plus d’être chargé de cours en histoire du jazz et en piano populaire à l’UQAM, M. Bourassa a remporté plusieurs titres, dont le prix Opus du concert de l’année ainsi que le Félix du Meilleur album Jazz, le tout en 2004. Il a foulé plusieurs scènes internationales, notamment en Chine, au Japon, au Mexique, en France et ailleurs. « Nous sommes allés pas mal partout », résume le musicien émérite.

Un son unique

Ayant suivi une formation en musique classique, François Bourassa dit incorporer quelques notions de ce genre musical dans ses œuvres. « Harmoniquement parlant, la musique classique a été plus avant-gardiste au début du siècle. Cette harmonie-là m’a toujours attiré, alors je l’incorpore un peu dans le jazz. Il en résulte une harmonie qui s’approche de la musique contemporaine », explique le pianiste. Il affirme néanmoins être fidèle à l’esprit du jazz, lui assurant ainsi une plus grande spontanéité avec la musique. « J’aime la rythmique. J’aime l’improvisation dans le jazz. C’est pour ça que je fais cette musique-là, il y a une liberté dans ce que je fais », explique le musicien de jazz.

C’est en écoutant des légendes comme Miles Davis, Wes Montgomery, Thelonious Monk et John Coltrane que François Bourassa est parvenu à développer sa personnalité musicale. Une personnalité qui se rapproche davantage du jazz contemporain, une forme de jazz qu’il qualifie de plus exploratoire et abstraite. Contrairement à d’autres formes de jazz plus classiques, comme le bebop, le chargé de cours affirme « qu’il peut y avoir plusieurs influences et différents courants dans le jazz contemporain ».

Le pianiste et son saxophoniste, André Leroux, s’échangent les solos musicaux sur une rythmique très rapide, faisant grimper l’énergie dans leurs pièces musicales. « Je ne veux pas être le pianiste accompagné de musiciens. Je veux qu’on forme une équipe, et que tous les membres se sentent aussi importants les uns que les autres », précise-t-il.

« François nous a toujours donné beaucoup de latitude et de liberté. Il arrive avec ses partitions, mais chaque membre du groupe est libre de greffer la sienne », explique Guy Boisvert, le bassiste du quartet depuis 1983. Ce dernier ajoute que les compositions de François Bourassa sont travaillées conjointement avec les membres du quartet.

François Bourassa et son quartet ont lancé un nouvel album, intitulé « Number 9 », le 11 octobre dernier au Cabaret Lion d’Or dans le cadre de L’OFF Festival de Jazz de Montréal.

 

photo: MICHAËL LAFOREST MONTRÉAL CAMPUS

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