UQAML’UQAM sans visage

Thomas Dufour Thomas Dufour8 septembre 20175 min

La communauté uqamienne entamera l’année scolaire sans nouveau candidat élu au poste de recteur. Alors que Luc-Alain Giraldeau vient de se retirer de la course, Corinne Gendron est pour l’instant la seule à avoir manifesté un intérêt pour le poste de rectrice. Retour sur une course au rectorat qui se prolonge cet automne avec la réouverture de l’appel de candidatures.

C’est au terme de deux consultations auprès de la communauté universitaire que la présidente du Comité de sélection, Lise Bissonnette, a déclaré sur le site d’Actualités UQAM « qu’aucune des personnes candidates ne pouvait compter, jusqu’à maintenant, sur le degré de ralliement nécessaire à une nomination au rectorat de l’UQAM. »

Les deux candidats toujours en lice lors du vote du second tour étaient Luc-Alain Giraldeau, doyen de la faculté des sciences, et Corinne Gendron, professeure à l’École des sciences de la gestion.

Cette dernière est la seule à avoir réitéré son intérêt au poste de rectrice, après que M. Giraldeau a annoncé au début du mois d’août qu’il ne se représentera pas au prochain appel de candidatures.

Dans ce contexte, Mme Gendron compte garder un programme semblable à celui qu’elle a dévoilé cet automne. « Mon programme s’articule autour de trois idées centrales : le rayonnement de l’UQAM par la mise en valeur de son expertise de pointe […], un dialogue constructif avec l’ensemble des acteurs de la communauté de l’UQAM […], une révision des processus permettant de réduire le fardeau bureaucratique et de dynamiser les nouvelles initiatives », résume la professeure.

En février 2017, Robert Proulx a exprimé son intention de ne pas solliciter un nouveau mandat et de voir le nouveau recteur entrer en fonction dès l’automne afin de favoriser une transition plus « harmonieuse ».

Un appui mitigé

Dans le cadre de la consultation, les voix sont comptabilisées pour chaque groupe de l’UQAM. Le but est d’obtenir une idée du candidat favorisé par chacun des groupes. M. Giraldeau avait obtenu la majorité des voix au second tour tandis que Mme Gendron ralliait un plus grand nombre de groupes.

« Il y avait un certain nombre d’arguments qui favorisaient ma candidature et certains autres qui favorisaient la candidature de Mme Gendron », reconnaît Luc-Alain Giraldeau.

L’appui de 92% obtenu par M. Giraldeau auprès des cadres (incluant les vice-rectrices, vice-recteurs, secrétaire générale et les doyens, doyennes), lors du second scrutin, a fait réagir la communauté universitaire ce printemps. Certains y voient un signe de confiance des cadres vis-à-vis d’un candidat ayant une expérience en gestion, alors que d’autres s’interrogent sur le sens à donner à ce vote unilatéral.

« Un vote aussi massif a quelque chose d’inquiétant, même si la présidente de l’Association des cadres de l’UQAM affirme qu’il se justifie “aux mérites de la candidature de M. Giraldeau” », écrivait ce printemps Richard Bousquet, vice-président à l’information du Syndicat des chargées et chargés de cours (SCCUQ) de l’UQAM dans un papier paru sur le site du Syndicat.

Le comité exécutif du Syndicat des professeurs et des professeures de l’UQAM (SPUQ) avait aussi soulevé des questions sur un scrutin que le comité qualifiait de « monolithique ».

Giraldeau interprète différemment cet important appui à sa candidature: « Comme j’ai eu des fonctions de gestion, j’ai eu affaire avec les cadres très souvent. J’ai parlé avec eux et ce que je leur ai dit leur a semblé raisonnable », explique le principal intéressé.

À la suite du vote en mai 2017, le SPUQ et le SCCUQ avaient pris position pour Mme Gendron au poste de rectrice dans une lettre publiée sur leurs sites Web. Cette posture avait été reprochée au SPUQ par une centaine de leurs membres dans une pétition distribuée au début du mois de juin. « En diffusant publiquement votre opinion privée au nom de tous les membres du SPUQ, vous outrepassez votre mandat de représentants de notre syndicat », pouvait-on lire.

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Les étudiants absents

Avec 22,5% de participation au second tour, les étudiants constituaient le groupe le plus faiblement représenté lors du vote au rectorat.

Le coreprésentant étudiant au conseil d’administration de l’UQAM Samuel Cossette croit que la tenue du vote pendant la session d’été a « beaucoup joué » sur le taux d’absentéisme. Ce dernier estime aussi que les positions revendicatrices de certaines associations étudiantes vis-à-vis des rectorats les ont poussées à s’abstenir.

Mme Gendron affirme qu’il est « fondamental » que la haute direction soutienne les étudiants. « Les associations étudiantes sont des acteurs à part entière de la vie universitaire et je souhaite les lier plus étroitement à la mise en oeuvre de nos politiques touchant directement leurs préoccupations », affirme celle qui a été présidente de deux associations étudiantes au cours de sa scolarité.

Le seul groupe étudiant qui a convoqué les candidats afin de leur poser des questions sur leur programme est l’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion (AéESG). « Pour nous, ça devient un dossier prioritaire, raconte Guillaume Valladon, président de l’AéESG. C’est ça qui va définir les relations qu’on va avoir avec le rectorat pour les cinq prochaines années. »

 

photo et graphique: MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS

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