À la uneDossier: Chaires fraîchesSociétéLa chaire qui voit vert

Julien Denis24 janvier 20173 min

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) désire contribuer aux changements écologiques et sociaux en mettant sur pied une nouvelle Chaire de recherche sur la transition écologique. Il s’agit de la première chaire à voir le jour dans ce domaine au pays.

Le directeur de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, René Audet, affirme que les recherches de cette chaire portent sur tout ce qui englobe les transitions écologiques. «Ce terme [transition écologique] est en train de dépasser le terme de développement durable dans le discours environnemental et c’est exactement ça qui m’intéresse», souligne M. Audet. Il fait ainsi référence à la perte de sens que subit l’expression développement durable, notamment  dans le discours scientifique. « Qu’est ce que l’apparition du terme transition écologique et toutes ses déclinaisons ont comme impact dans la société et comment cela se matérialise dans des transformations concrètes ? », ajoute le chercheur.

Des objectifs verts

Lorsque questionné sur les objectifs de recherche de la Chaire, René Audet évoque les innovations qui pourraient être apportées aux ruelles vertes, déjà installées dans onze des dix-neuf arrondissements de Montréal. «Ce que nous tentons de faire, c’est d’utiliser ce qui est déjà en place en terme de ruelle verte et d’aller un pas plus loin», soutient le directeur, évoquant le potentiel important des écoquartiers et des initiatives citoyennes. «Est-il possible de mettre en place des systèmes de partage d’énergie, de partage de chaleur ou de mobilité partagée ? Il existe plein d’innovations techniques qui pourraient être récupérées par des initiatives comme celle des ruelles vertes. Ma chaire veut comprendre comment tout ça se passe », affirme-t-il.

Le système alimentaire alternatif, bien implanté à Montréal, fait aussi partie des chantiers de recherche de la Chaire uqamienne. René Audet soutient que plusieurs organismes citoyens occupent maintenant des espaces, qui n’ont jamais été occupé par les  marchés conventionnels, dans l’optique de vendre de nombreux produits locaux. « Est-ce qu’on peut penser améliorer notre alimentation comme consommateur, diminuer les émissions de gaz à effet de serre, en augmentant la justice sociale et en consommant davantage de produits locaux ? C’est ça la grande question» mentionne-t-il. Il ajoute que pour répondre à ces objectifs, il faudrait mettre en place des politiques publiques et des nouveaux mécanismes de gouvernances basés sur les expertises de cette chaire, entre autres.

L’UQAM comme pilier du développement écologique

Avec la création de cette chaire de recherche, l’UQAM réaffirme son intention de développer à long terme le domaine des sciences de l’environnement. À ce sujet, la vice-rectrice à la Recherche et à la création de l’UQAM, Catherine Mounier confirme que « la Chaire permettra de former une relève de chercheurs dont les travaux produiront des connaissances à la fine pointe du domaine novateur qu’est la transition écologique ».

Même constat pour René Audet qui atteste que les recherches qui sont entamées auront des répercussions positives pour l’UQAM et la Ville de Montréal.  « Cela peut aider à nous positionner dans le champ de l’environnement auprès de plusieurs organisations internationales qui viennent s’installer ici », avance le directeur. Il cite à titre d’exemple Future Earth, un programme international qui  coordonne la recherche mondiale sur les changements environnementaux et le développement durable. Nouvellement installé à Montréal, Future Earth a aussi des secrétariats au Colorado, Tokyo, Stockholm et Paris.

 

Photo: CLAIRE BRIFFAULT
Des ruelles vertes sont déjà installées dans onze des dix-neuf arrondissements de Montréal.

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