À la uneOpinion>Esprit de clocherESPRIT DE CLOCHER | Encore loin de la réconciliation

Jean-Philippe Guilbault22 octobre 20162 min

L’UQAM offre depuis cette année une concentration en études autochtones, faisant écho aux recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada qui demande une meilleure éducation quant à l’histoire vécue par les Premières nations lors de la colonisation du pays. L’Université vient donc presque rejoindre McGill et l’Université de Montréal, qui offrent toutes deux un programme de mineure en études autochtones. Concordia, pour sa part, offre depuis 2012 un baccalauréat complet, le premier dans la province.

De plus, le texte de Guillaume Lepage nous apprend qu’un groupe de recherche mandaté par le Cercle des Premières Nations de l’UQAM terminera sous peu un rapport au sujet de l’accueil des étudiants d’origine autochtone. Ce rapport proposera notamment la création d’un lieu symbolique pouvant être investi par les autochtones de l’UQAM à l’instar du Salon Uatik de l’Université de Montréal, du First Peoples’ House de McGill, du Aboriginal Student Ressource Center de Concordia ou du pavillon des Premiers-Peuples de l’UQAT.

J’attire votre attention sur la vision et la mission de l’UQAM : « Née d’un processus de démocratisation de l’éducation. […] Inspirée par l’idéal réitéré et renouvelé de l’accessibilité. […] La communauté universitaire se mobilise pour servir les collectivités en mobilisant ses ressources [et] contribuer à l’innovation intellectuelle, scientifique, culturelle, technologique et sociale. » Sur ce dernier point, l’UQAM précise même souhaiter un développement « socialement responsable ».

Comment se fait-il alors que de toutes les universités de l’île de Montréal, l’UQAM soit autant à la traîne en ce qui a trait aux services offerts aux étudiants autochtones et à la sensibilisation des futures générations d’universitaires aux enjeux les touchant?

L’Université peut compter sur une brillante expertise de professeurs dévoués et bien au fait des réalités vécues par les nombreuses communautés autochtones en sol québécois. Ces professeurs se sont d’ailleurs regroupés pour offrir la concentration, maintenant disponible au sein du cursus uqamien. N’est-ce pas au tour de l’institution de donner un coup de fouet afin de montrer l’exemple et d’être le milieu progressiste et ouvert qu’elle se targue d’être? Bien peu d’étudiants autochtones arpentent les corridors de l’UQAM, mais devons-nous réellement attendre plus longtemps avant d’aller de l’avant et construire une université accueillante? Car ce n’est certainement pas aux premiers peuples à devoir faire les efforts pour réparer les liens brisés.

* * *

Dans un tout autre ordre d’idée, à titre de chef de pupitre UQAM, j’espère avoir démontré, avec le dossier web sur la parité dans les inscriptions de l’Université, l’importance que je souhaite accorder au fait de donner la parole aux étudiantes, trop souvent ignorées dans le monde médiatique. Ainsi, à l’avenir, et tout particulièrement auprès des étudiants membres du conseil d’administration de l’UQAM, nous tâcherons d’aller chercher les commentaires des femmes, tout aussi pertinentes que les hommes

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *