À la uneUQAMUn CPE au service des parents-étudiants

François Breton-Champigny29 septembre 20154 min

Le nouveau Centre de la petite enfance la Tortue têtue a ouvert ses portes le 21 septembre dernier. Le CPE compte venir en aide aux nombreux parents-étudiants de l’UQAM et propose un horaire flexible et varié à ceux dans le besoin.

Pour Valérie Vinuesa, parent-étudiante au doctorat en éducation à l’UQAM et présidente du conseil d’administration de la Tortue têtue, l’ouverture du centre était nécessaire. «À mon retour aux études à 34 ans, c’était très difficile de trouver un endroit pour mon enfant dans une garderie ou un CPE de l’UQAM, notamment à cause de la liste d’attente qui peut aller de deux à trois ans et de mon statut particulier, confie la jeune mère. La grosse difficulté en tant que maman a été de ne pas avoir accès à des services assez flexibles qui me permettent de faire mes travaux et à la fois de voir ma famille.» À cette époque, le CPE déjà en place ne priorisait pas nécessairement les parents-étudiants et n’acceptait pas les enfants à temps partiel. Elle a donc décidé de s’impliquer dans la communauté uqamienne et d’aider le petit groupe responsable du projet à préparer le tout.

L’initiative remonte à octobre 2011, lorsque Julie Noël, à l’époque étudiante et initiatrice du projet, décide avec l’aide du Centre de soutien aux parents étudiants de l’UQAM d’ouvrir un CPE adapté à leurs besoins. Après plus de quatre ans d’attente pour obtenir la permission d’ouvrir le centre auprès du Ministère de la Famille du Québec, l’équipe de la Tortue têtue a finalement obtenu le feu vert le 12 novembre 2012.

«Pour nous, puisque ça a été mis sur pied par des parents-étudiants et pour des parents-étudiants, le but premier est de permettre la conciliation entre études et famille», précise la directrice générale de la Tortue têtue, Sylvie Martel. Puisque ces derniers ont la priorité et qu’ils étudient le soir et les fins de semaine, on veut pouvoir leur permettre d’avoir une place facilement accessible pour leurs enfants.»

En plus de ses 60 places disponibles, dont 20 pour poupons et 40 pour enfants âgés de 18 mois à quatre ans, le centre disposera donc de plages horaires les soirs ainsi que les fins de semaines allant jusqu’à 22h30 lorsque la demande sera suffisante. Contrairement à plusieurs CPE qui n’acceptent que les enfants qui restent dans leur établissement à temps plein, la Tortue têtue accueille également les enfants qui souhaitent demeurer à temps partiel dans leur institution. «Le fait qu’on accepte le temps partiel permet à une étudiante qui est en congé de maternité de prendre son congé avec son enfant et d’utiliser seulement les plages horaires dont elle a de besoin», spécifie la directrice générale.

Une situation financière précaire

La venue d’un nouveau CPE n’est pas la seule initiative que l’UQAM a entrepris pour venir en aide aux jeunes parents-étudiants. Afin d’offrir un soutien financier à ceux qui sont membres de son comité, l’Équipe de recherche qualité éducative des services de gardes et petite enfance de l’UQAM leur accordait jadis plusieurs bourses d’excellence. «Habituellement, les bourses d’excellence sont seulement remises aux étudiants à temps plein. Ici, on offrait même des bourses aux étudiants parents à temps partiel», mentionne la professeure et membre de l’équipe de recherche, Nathalie Bigras.

La professeure souligne que ces bourses d’excellence, pouvant aller jusqu’à 1000$ , servaient à motiver les parents-étudiants à continuer leurs études et à reconnaître des faits marquants de leur parcours académique. «Malheureusement nous avons dû cesser de fournir ces bourses parce qu’ils ne restaient pas aux études malgré notre aide financière.»

La chercheure explique cet exode des parents-étudiants par le fait que ces bourses ne suffisent pas aux jeunes parents pour subvenir à leurs besoins familiaux. Ils décident donc de quitter les études et de travailler à temps plein. Tortue têtue représente une solution financière viable pour les parents-étudiants selon Sylvie Martel. «Les parents vont dorénavant rester aux études parce qu’on leur offre des places abordables dans notre CPE.»

Crédit photo : Alexis Boulianne
 

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