Une pilule qui passe mal

Si la pilule contraceptive est la méthode de contraception la plus utilisée par la femme, plusieurs choisissent de lui tourner le dos.

Sara-Maude Ravenelle, photographe de 21 ans, est végétarienne depuis son enfance. Elle a récemment adopté un régime végétalien. Son initiative de renoncer à la pilule contraceptive suit son idéologie écologique qui dicte depuis toujours ses choix de vie. Après deux ans sans la prendre, elle a décidé de renoncer à en trouver une qui correspondait à ses besoins. «Entre temps, j’ai réalisé que ça allait à contresens de mes valeurs. J’essaie tant que possible de diminuer, voire éliminer tout médicament non naturel de mon mode de vie», explique-t-elle.

La jeune femme n’est pas la seule à rayer la pilule de son quotidien. La coordonnatrice du service d’accueil du Centre des femmes de Montréal, Sylvie André, affirme qu’il y a un engouement pour l’utilisation du stérilet ou de contraceptifs naturels, au détriment de la pilule contraceptive. «Quand on parle de contraceptions naturelles, souligne-t-elle,  il s’agit de méthodes d’identification de la période d’ovulation de la femme afin d’éviter les rapports sexuels en période de fécondation.»  Elle ajoute toutefois qu’il est nécessaire de bien connaitre son corps avant de se tourner vers ces méthodes qui sont largement moins efficaces que les contraceptifs hormonaux.

Selon Sylvie Lévesque, professeure en sexologie à l’UQAM, l’intérêt envers les contraceptifs naturels n’a rien de nouveau.  «Il y a toujours eu des femmes pour se tourner vers ces méthodes, soit parce qu’elles ne répondent pas bien aux effets secondaires des contraceptifs oraux ou parce qu’elles ont des contre-indications médicales.»

C’est le cas de Stéphanie*, étudiante à l’UQAM, qui a cessé d’utiliser la pilule contraceptive pour des raisons médicales. Des ennuis de santé se sont rapidement fait ressentir chez la jeune femme. Le lien entre son usage de comprimés et ces troubles médicaux n’a été découvert que récemment. «Il y a deux ans maintenant, alors que j’étais au CEGEP, j’ai décidé d’arrêter de prendre la pilule, puisque je ne fréquentais personne.» Depuis, l’étudiante a perdu vingt livres et affirme se sentir mieux dans son corps.  «J’ai même arrêté d’avoir des migraines de façon fréquente», ajoute l’étudiante.

La pilule contraceptive a eu mauvaise presse dans les dernières années à cause des révélations de Santé Canada quant aux décès liés à son utilisation – certaines femmes ont tout simplement pris peur.  Selon Pascale Nault, pharmacienne au Carrefour médical de la Vallée du Richelieu, le risque de complication est toutefois suffisamment faible pour ne pas s’en inquiéter. «Les pilules YAZ et Yasmin augmentent le risque de 10 à 15 caillots par 10 000 femmes chaque année puisque ce sont elles qui contiennent du drospirénone. Le risque est un peu plus grand, mais ça reste un pourcentage très minime», rappelle-t-elle.

L’ABC sexuel au grenier

Stéphanie s’était initialement tournée vers la pilule contraceptive parce qu’il s’agit du contraceptif le plus accessible, mais également parce que toutes les filles de son école adoptaient systématiquement cette méthode.  Le cas de Stéphanie est loin d’être isolé. Les cours d’éducation sexuelle ayant disparu du système d’enseignement secondaire en 2005, c’est bien souvent par l’entremise de leurs camarades de classe ou de façon isolée que les jeunes filles apprennent et choisissent le mode de contraception qu’elles estiment le plus adapté et efficace pour elles. «Maintenant, l’éducation à la sexualité peut se faire à travers des ateliers ou par différent cours isolés, mentionne Sylvie Lévesque.  Mais parfois, dans certaines écoles, il n’y en a tout simplement pas.»

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La Diva Cup, le choix écolo

Adieu tampons et serviettes hygiéniques, c’est maintenant au tour de la Diva Cup d’être sous le feu des projecteurs. De plus en plus de femmes se tournent vers ce genre de produits sanitaires réutilisables, et donc plus écologiques. Cette coupe menstruelle faite de silicone peut durer jusqu’à une dizaine d’années.  «C’est un instrument fantastique !, s’exclame Stéphanie*. Je milite pour l’environnement, et je trouve que les produits utilisés pendant notre cycle menstruel ne sont pas écolos!» Infirmière au Centre hospitalier de Châteauroux, Myriam Hassani a toutefois certaines réserves face à cet instrument. «La coupe menstruelle est un bel instrument, à condition bien sûr de le stériliser religieusement après son utilisation. Elle représente un peu plus de risque que la serviette hygiénique puisqu’il s’agit d’insérer un corps étranger qui peut provoquer des infections urinaires. » Malgré tout, la coupe menstruelle est de plus en plus accessible et se trouve d’ailleurs en vente sur le campus de l’UQAM.

 

*Nom fictif

Crédit photo : Flickr

 

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