L’UQAM veut fermer le robinet du Montréal Campus ?

Ben voyons, c’est ridicule.

Se poser une question sur l’utilité de ce journal étudiant inclassable, c’est comme se demander pourquoi on a conçu des boutons à quatre trous. Parce qu’il en faut pour tenir son pantalon, tout simplement.

Je l’ai connu tout jeune, à peine naissant, lorsqu’on se battait pour faire un seize pages plutôt qu’un maigre douze et qu’on se pétait les bretelles quand nos pigistes se présentaient à l’heure le jeudi soir, pas payé mais plein d’enthousiasme pour ce journalisme un peu embryonnaire et hésitant – baveux parfois – qui était notre lot. J’en ai fait mon pain et mon beurre pendant deux ans, d’abord comme pigiste, puis comme co-rédacteur en chef, avec à mes côtés Madeleine Roy (Radio-Canada), Manon Cornellier (Le Devoir) , Raymond Lemieux (Québec-Science) et Errol Duchaine (La semaine verte), pour ne nommer que ceux-ci.

Un laboratoire, le Montréal Campus. Pour les futurs journalistes, bien sûr, mais aussi pour l’UQAM qui voyait ses étudiants en communication progresser et faire leurs premières armes dans un média que la direction avait l’élégance et l’intelligence de soutenir à sa façon (achat de pub et locaux gratuits), même si au passage nous l’écorchions souvent et parfois pour pas grand-chose.

Même si trente ans ont passé depuis, j’en conserve toujours un souvenir impérissable. Celui d’un groupe, d’une équipe, qui apprend son métier simplement, dans l’adversité mais aussi le plaisir. Et l’UQAM devrait en faire de même : quand une université a la chance d’avoir dans son giron une organisation de cette qualité, on ne lui tire pas la couverture sous les pieds. On lui déroule plutôt le tapis rouge.

Normand Grondin
Reporter national
Service des nouvelles
Radio-Canada

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