Là où Un prophète diffère des autres films sur la montée au pouvoir d’un néophyte (Scarface, Goodfellas et autres), c’est qu’Audiard ajoute une superbe dimension surréelle à son récit. Aidé par un ange gardien, guidé par des visions, le jeune prophète est doté d’un sixième sens inné, un instinct infaillible qui lui permet d’accumuler les petits exploits. Tout cela s’inscrit dans l’incroyable spiritualité qui émane du film, atmosphère soutenue par les superbes parades d’une caméra épaule pilotée par Stéphane Fontaine. On reconnaît désormais le style exceptionnel de Jacques Audiard à cette symbiose du réalisme brut et de la poésie visuelle captée par une caméra jamais passive.
